Select a page

jan 17th

Prédication du culte du 17 janvier, avec les familles

Posted by with No Comments

Prédication 1 Samuel 16, 1- 13

 

Frères et sœurs,

 

Certains d’entre vous pensent sans doute à leurs années d’école du dimanche. Les autres ont tous certainement aussi entendu parler du roi David, ne serait-ce qu’à cause de son importance dans le monde du Nouveau Testament : en effet, Jésus y est appelé fils de David. Il nous faut comprendre pourquoi et mesurer l’effet que ce titre avait sur les Juifs de son temps. Et même pour ceux qui passeraient par hasard aujourd’hui, comprendre David est essentiel puisque son souvenir influe fortement la manière dont l’État d’Israël conçoit son existence –  pour preuve, l’ « étoile » de David se trouve sur le drapeau d’Israël.
Evidemment, nous ne faisons pas d’histoire historique. Peu importe qui était le vrai roi David. Etait-il le roi puissant d’un grand royaume. Avons-nous affaire à une figure historique qu’on a entourée peu à peu de hauts faits légendaires pour justifier les besoins de conquêtes d’un roi à la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ ? Je vous renvoie au très intéressant documentaire d’Arte sur l’arche d’alliance. Peu importe en effet, ce qui est dit de lui fait partie du fondement idéologique du peuple d’Israël au premier siècle et de l’Etat d’Israël aujourd’hui. Plus important encore, ce qui est dit de lui nous révèle ce que Dieu inspire aux croyants de cette époque qui raconte cette histoire. Et, bien entendu, ce qui est dit de lui va influencer la manière dont Jésus de Nazareth sera perçu au 1er siècle de notre ère.
Une fois que nous avons dit cela, nous n’avons bien entendu rien dit d’autre que l’importance de comprendre ce qui se joue dans les récits bibliques que nous abordons en cette seconde partie d’année avec les enfants. Qui est David pour qu’il ait pris une telle importance dans l’histoire théologique et politique du peuple d’Israël ? Pourquoi Dieu lui gardera-t-il sa fidélité, malgré les fautes et les défauts de cet homme, alors que Dieu s’est détourné de Saül ? Pourquoi le Messie promis par Dieu à son peuple est-il annoncé par le prophète Ézéchiel comme un nouveau David ?

Commençons donc par le commencement. Samuel aimait beaucoup Saül, que Dieu vient de rejeter. Mais Samuel est le prophète et le prêtre du Seigneur. Il obéit. Il va à Bethléem.

Les choses s’organisent vite, c’est un honneur d’accueillir Samuel. Le repas de fête après le sacrifice est aussi un repas partagé avec Dieu. Chacun mange sa part, Dieu ayant symboliquement reçu le sang et une partie de l’animal.
À ce grand repas, Samuel convie Jessé et ses fils. Ce dernier s’empresse d’obéir, mais il oublie son dernier-né, David, qui garde le troupeau. Il ne faudrait pas en déduire que Jessé était pauvre. Jessé est un homme qui a des biens, même s’il n’est pas nécessairement riche. La preuve ? Le troupeau, bien sûr. On va découvrir dans la suite du récit que Jessé avait aussi des employés qui travaillaient pour lui. Il ne faut pas en déduire non plus que David était faible. Il n’était pas de haute taille, étant encore jeune, il n’était pas entraîné à la guerre comme ses frères aînés, c’est vrai. Mais pour garder les troupeaux, on n’envoyait que ceux qui étaient capables de les défendre contre les bêtes sauvages. Et en ce temps-là, en Palestine, les bêtes sauvages, ce sont des loups, bien sûr, mais aussi des lions et des ours.

Ce qui clair cependant, c’est que David était le dernier, le 8e fils de Jessé, et qu’à ce titre, il n’avait guère d’importance. À l’époque, le fils aîné recevait la plus grosse part de l’héritage et la bénédiction, et les autres devaient se débrouiller. David est encore jeune et on l’oublie dans la campagne lorsque Samuel lance son invitation.

Lorsque Jessé présente son fils aîné à Samuel, ce dernier découvre un grand et beau gaillard, qui lui rappelle Saül dans sa jeunesse. Alors, bien sûr, il pense que c’est lui, le nouveau roi que Dieu s’est choisi. Mais non, pas du tout. Dieu comprend bien ce qui a trompé Samuel. Il faut que le roi soit fort, qu’il ait belle allure pour mener les troupes au combat et défendre le pays, pour se faire respecter et obéir. C’est en tous cas comme cela que raisonne Samuel et que raisonne le peuple lorsque Saül est choisi. Mais rappelez-vous, Saül a désobéi à Dieu, et Dieu s’est détourné de lui. L’obéissance est une qualité que l’on ne remarque pas en détaillant le physique des personnes. Dieu ajoute :

 Je ne juge pas comme les êtres humains. Les gens font attention à ce qui se voit, mais moi, je regarde le fond du cœur

Dieu s’est choisi un roi. Pour lui, et pas pour le peuple. Bien sûr, David sera aussi roi sur le peuple d’Israël, mais ce que Dieu recherche avant tout dans ce nouveau roi, ce sont des qualités qui n’ont rien de physique et qui n’ont rien à voir avec celles qui font un grand guerrier.

Dieu a vu en David, ce tout jeune homme qui comptait pour peu de choses dans la maison de son père, les qualités qui feraient de lui un roi pour le Seigneur. Le texte ne nous dit pas quelles sont ces qualités. Nous allons les découvrir ensemble au fur et à mesure que nous avancerons dans l’histoire de ce roi. Mais beaucoup d’entre vous connaissent la saga de David et vous savez que la principale qualité de David pour Dieu, c’est la fidélité.  David aura toujours à l’esprit que c’est le Seigneur qui lui donne la victoire, que c’est grâce à lui qu’il est roi. Pour faire vite, David n’oubliera presque jamais que le vrai roi d’Israël, c’est Dieu. En retour, la fidélité de Dieu envers David ne disparaîtra pas et l’Esprit de Dieu ne le quittera plus.

Nous vivons dans un monde où l’apparence a une grande importance. Ce n’est pas nouveau, vous le voyez avec cette histoire. Samuel est tout d’abord ébloui par la belle apparence d’Eliav. Mais ce qu’il regarde, c’est sa prestance et sa force physique, deux attributs jugés indispensables pour un roi. Le reste ne l’intéresse pas vraiment.  Nous, nous avons poussé le culte du corps à des extrêmes que même les Grecs antiques n’avaient pas atteints. Rappelons-nous que jusqu’à très récemment, les modes étaient réservées aux élites, le reste de la population se contentant de survivre comme elle pouvait. Aujourd’hui, tout le monde doit être mince, tout le monde doit rester jeune, tout le monde doit faire du sport, non pas pour sa santé, mais pour entretenir son corps. Ce culte du corps est renforcé par les images données par des acteurs et top models qui souvent n’ont rien de naissance : dents refaites, nez corrigé, oreilles recollées, imperfections gommées par un maquillage parfait. Et puis, il y a le reste, ce qui entoure le corps. Tout le monde doit être habillé d’une certaine manière, tout le monde doit avoir tel téléphone, tel accessoire. C’est particulièrement vrai chez les jeunes, c’est aussi vrai de manière plus sournoise pour les femmes, les hommes étant un peu plus épargnés. Et cela change en permanence, poussant les gens à consommer bien au-delà de leurs besoins et plaçant les personnes modestes devant le choix de l’endettement ou de la différence insupportable.

David n’est pas laid, il n’est pas désagréable à regarder. Il a même un charisme certain, on ne peut pas s’empêcher de l’aimer, la suite de l’histoire le montre. Mais il n’a pas le profil qu’on pense indispensable pour être roi. Qu’importe à Dieu ! Et qu’importe aussi notre apparence physique, notre corps, nos vêtements etc. Ce qui est important pour Dieu, c’est ce que nous portons en nous, nos qualités intérieures. Le cœur, ce n’est pas seulement l’endroit où l’on place symboliquement les sentiments, mais aussi le siège du courage (c’est un mot de la même famille), et de l’intelligence, au sens de compréhension de ce qui est important, pas au sens du QI.
Dieu sait ce que nous portons en nous. Il ne s’attache pas à l’extérieur, il nous connait même mieux que nous en nous connaissons nous même.

David sera le plus grand roi d’Israël alors que rien ne le prédisposait à ce destin. Ce que ce texte nous apprend, c’est qu’il ne faut pas nous attacher à notre propre aspect apparence ni à celle des autres. Puisque nous ne sommes pas Dieu, nous ne pouvons pas voir au cœur des hommes, mais nous pouvons nous efforcer d’apprendre à connaître notre voisin avant de le juger sur son extérieur.

De même, quelle que soit notre apparence physique, nous savons que ce n’est pas ce qui compte pour Dieu, que ce n’est pas l’essentiel de ce qui nous constitue.

  Je ne juge pas comme les êtres humains. Les gens font attention à ce qui se voit, mais moi, je regarde le fond du cœur.

Vous me direz peut-être que nous n’avons pas tous ce qu’il faut pour être des rois pour le Seigneur. Peu importe. Il s’est choisi son roi, David. Il n’en a jamais eu d’autres. Certes, Israël et Juda ont eu d’autres rois, mais pas Dieu, jusqu’à ce qu’il nous envoie le roi du monde et le Seigneur, Jésus-Christ. Ce que Dieu veut de et pour nous, c’est que nous le reconnaissions comme notre Père. C’est pour cela qu’il nous choisit, de manière aussi certaine qu’il a choisi David pour être son roi. Nous reconnaissons cela lorsque nous demandons le baptême, pour nous-mêmes ou pour nos enfants, nous reconnaissons cela chaque fois que nous assistons à un baptême. Comme David a été oint d’huile par Samuel, signe de son destin de roi, nous nous rappelons que nous avons été baptisés de l’eau qui nous signifie que nous sommes enfants de Dieu.

Comme David, nous recevons l’Esprit de Dieu qui ne nous quitte pas et nous guide sur le chemin qui mène au Seigneur.

 

Dieu a vu au cœur de David et il lui a trouvé les qualités qu’il recherchait, en particulier la fidélité. Dieu s’est choisi son roi en David. En nous, il recherche des enfants. C’est une bonne nouvelle, parce que nous, nous avons du mal à être fidèles, à donner toujours la première place à Dieu. Pourtant, il nous aime et nous choisit. Que voit-il donc au fond de nos cœurs ?

Ce qui est extraordinaire, encore plus extraordinaire que l’histoire que nous venons de lire, c’est que l’amour de Dieu pour nous ne dépend jamais de nos qualités humaines, nous n’avons pas besoin d’être courageux, obéissants, fidèles pour que Dieu nous choisisse. Il regarde au fond de nos cœurs, et ce qu’il y voit lui donne envie d’établir entre nous et lui une relation d’amour. Il y voit cette capacité que nous avons de répondre oui à son amour. Et cela lui suffit pour faire de nous ses enfants. À nous de profiter de cet immense privilège, d’accepter le don qui nous est offert, cet appel à devenir et à rester les fils et les filles de Dieu.

  Je ne juge pas comme les êtres humains. Les gens font attention à ce qui se voit, mais moi, je regarde le fond du cœur

Amen.

 

 

 

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*