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mar 14th

Prédication du 14 mars 2021 – Jean 3, 14 à 21

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Chers amis,

Nous vivons des temps difficiles, déjà 2 630 000 morts du Covid19 dans le monde.  Nous en souffrons car nous avons perdu un proche, parce que nous craignons pour ceux qui nous sont chers ou tout simplement pour nous. Nous sommes désemparés, ne savons plus quoi penser comme chaque fois que nous traversons des périodes d’incertitude et de crise. Et certains d’entre nous ne croient plus vraiment que nous en sortirons un jour, nous peinons à imaginer un avenir serein.

Nous sommes dans un tunnel, et nous ne savons pas quand nous allons en sortir, le vaccin va-t-il nous y aider ? Etant donné les variants qui déferlent sur le monde, ce n’est hélas plus si sûr ! Et si, pour nous Chrétiens, au bout de ce tunnel, il y avait une lumière, la lumière du Christ ? La lumière du Christ et l’espérance en un monde meilleur qui en découle.

Je souhaiterai aujourd’hui vous entretenir du thème de la lumière, mais aussi celui du serpent d’airain qui est une des clés du texte et une référence à l’Ancien testament.

Voyons en premier lieu, ce que l’évangéliste Jean, dont je viens de vous lire quelques lignes, dit de la lumière.

Jean est un évangéliste particulier. Comme l’a dit en son temps Jean Calvin, il conviendrait de lire cet évangile en premier (il vient en dernier dans l’ordre des évangiles de la Bible) afin de savoir en premier lieu à quelle fin Jésus-Christ a été manifesté. La mission de Jésus sur terre se résume pour Jean en ces quelques mots : « … afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et que, par cette foi, vous ayez la vie en son nom. » (Jean, 20, 31).

Vous connaissez certainement le prologue de Jean. Lisez-le, relisez-le. Il y a tout l’évangile dans ce premier chapitre de Jean. Voici comment il introduit son évangile et comment s’articule pour lui la notion de lumière.

En s’inspirant du premier chapitre de la Genèse, Jean annonce d’abord l’avènement de la Parole, la Parole qui est source de vie et qui, à son tour, est lumière pour l’homme. La Parole est la lumière, elle venait dans le monde, et le monde ne l’a pas accueillie.

Et si nous, nous l’accueillions la Parole, si nous reconnaissions la présence du Christ dans nos vies ?

Lumière, Dieu est lumière. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Et si nous abandonnions nos certitudes, si nous nous laissions frapper par cette lumière aveuglante, celle qui a fait tomber Saul ? Saul était en route pour Damas pour arrêter et faire juger les Chrétiens, en mission pour le Grand Prêtre de Jérusalem. Et soudain, « Saul, Saul, lui dit une voix, pourquoi me persécutes-tu ? » Saul en tombe au sol et la lumière est tellement aveuglante qu’il en perd la vue ; bientôt, il se convertit. Il devient Paul et son influence fut considérable dans le monde chrétien. Je vous invite à relire le chapitre 9 des Actes des apôtres.

Cette lumière, c’est aussi celle dont nous pouvons briller si nous acceptons la présence du Christ en nous, par l’entremise de l’Esprit-saint. Brillons comme une ville en haut d’une montagne, ne cachons pas en nous cette immense clarté, ne la mettons pas sous un boisseau.

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je peur ? » dit le psaume 27, v.1. Oui, il est notre lumière et notre salut, si nous le prions nous ne serons plus dans les ténèbres, nous ne nous laisserons plus déborder par les difficultés de la vie, nous marcherons confiants et sûrs de nous dans les pas du Christ.

Hélas, nous préférons nous plaindre, nous sommes très enclins à nous laisser envahir par le défaitisme, dans ce monde où, disons-nous, tout va mal !

Et pourtant il y en des choses positives dans cette période que nous vivons, des idées nouvelles germent de toutes parts et dans tous les domaines, politique, social, professionnel, etc. L’être humain a la capacité de résister dans l’adversité et de rebondir après les épreuves. Donnons-nous la peine de regarder plus loin que les seuls chiffres désespérants que nous serinent tous les soirs les journaux télévisés. Nombre de personnes contaminées en 24 h, nombre de personnes en réanimation, etc.

Nous nous rebellons comme les Hébreux contre Moïse lors de la traversée du désert après la sortie d’Egypte. Ils n’acceptent plus ce long périple trop difficile, trop âpre, ils ont faim et soif. Ils ne voient plus de fin à leur tragédie et désespèrent de tout.

« Pourquoi nous avez-vous fait monter d’Égypte si nous devons mourir dans le désert ? Il n’y a ici ni pain ni eau, et nous avons pris en horreur ce pain méprisable ! » (Nb 21,5).

Alors Dieu, dans sa colère, envoie des serpents brûlants qui mordent les Hébreux et beaucoup en meurent. Mais ces serpents de mort vont devenir serpents de vie. « Dieu dit à Moïse [qui implore son aide] : “Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque a été mordu et le verra restera en vie.” Moïse fit un serpent d’airain et le plaça sur la perche ; si quelqu’un était mordu par un serpent et regardait le serpent d’airain, il restait en vie. » Nombres chapitre 21.

A l’instar de Moïse qui lève ce serpent d’airain, nous dit Jean, Jésus élève sa croix devant nous pour nous sauver, nous donner la vie, l’espoir en un avenir paisible et heureux, un avenir plein de projets fructueux.

Oui, Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils pour que quiconque croit ait la vie éternelle.

Je vous propose pour finir de méditer sur les mots clés de cette phrase :

« Il a donné son Fils unique », événement inouï, fort, définitif. Il nous a donné son Fils, et ce don inclut tout ce qu’il a vécu sur terre, sa jeunesse, son ministère en œuvres et en paroles, son élévation sur la croix et dans la gloire, sa présence continuée dans le Paraclet.

« Quiconque croit », quiconque met sa foi en ce Dieu glorieux, puissant, bien plus puissant que nous, que nos faux dieux, nos enivrements, nos plaisirs de posséder, de dominer l’autre et d’avoir toujours raison. La foi ne s’obtient pas par une tradition, un raisonnement, de vastes connaissances, elle nous submerge parce que nous entendons l’appel de Dieu, parce que nous nous fions en lui.

« La vie éternelle ». C’est naître d’eau et d’Esprit, c’est vivre des choses célestes et non uniquement de choses terrestres. C’est vivre une relation qui nous permet de nous rapprocher de Dieu, d’un Dieu éternel, ici, maintenant et à jamais.

Et puisque nous avons beaucoup parlé de lumière, je terminerai avec une citation de Rabindranath Tagore, écrivain et philosophe indien, contemporain de Ghandi (une citation non biblique) : « La foi est un oiseau qui sent la lumière et qui chante quand le jour n’est pas encore levé. »

Amen

Annick Daymard

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