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juin 28th

méditation du mois de mai 2021

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C’est la finale de l’évangile de Matthieu (Mt 28, 16-22) qui a nourri nos échanges lors de notre première rencontre de réflexion sur la mission de l’Eglise. En effet, notre monde ne ressemble plus à celui des disciples historiques de Jésus mais nous savons que les premières communautés chrétiennes ont littéralement vécu cet envoi de Jésus, en méditant ce texte ou d’autres dans les autres évangiles : comme les disciples historiques, ces communautés, appelées Eglises, c’est-à-dire assemblées du peuple, se sont tournées vers les autres et ont su leur parler avec des mots qu’ils comprenaient, en partant non pas de théories religieuses, de dogmes, de catéchismes, mais de leurs vies. Ces disciples des premières générations ont ainsi touché des Juifs et des païens, des femmes et des hommes de toutes conditions sociales. Tous trouvaient dans sa communauté la Parole à partager, à méditer, source de renouvellement spirituel, et des frères et des sœurs à soutenir ou qui les soutenaient, selon les épreuves de la vie. Certes, les conflits existaient, les lettres de Paul et les Actes en donnent la preuve, mais ce qui se vivait dans ces Eglises était tellement libérateur que ces communautés rayonnaient. Ainsi, les personnes qui rejoignaient l’assemblée des croyants y vivaient-elles aussi la libération promise par ceux qui les avaient amenés. Le bénéfice apporté par l’Evangile était tel que le christianisme a tenu bon dans les persécutions et s’est imposé à l’empereur Constantin comme le seul facteur rassembleur dans son empire. La suite fut malheureusement souvent de la politique et pas de l’évangélisation.

Le christianisme s’est imposé chez nous et jusqu’au milieu du 20e siècle, tout le monde pratiquait même s’il est peu probable que tout le monde ait eu la foi.
Aujourd’hui, les vrais croyants sont minoritaires dans notre pays et notre Eglise nous demande comment nous envisageons cette mission de l’Eglise, telle qu’elle a été proclamée par le Christ lui-même. Cela n’est pas dans nos traditions d’être militants pour l’Evangile. Mais nos Eglises se vident, les finances sont basses, les vocations rares : le constat est là : nos traditions ne fonctionnent plus. Alors, le choix est devant nous.
Allons-nous rester un petit club de personnes ayant trouvé un trésor qui nous fait du bien, prêts à accueillir ceux qui ouvrent notre porte mais sans aller nous-même vers le monde ou allons-nous oser, ressourcés et libérés par ce trésor, nous tourner vers les autres, ceux qui ne le connaissent pas et que le Christ appelle ?

Nous avons abordé cette question lundi dernier. Il est clair pour tous que la première manière de vivre l’Eglise, si elle est confortable, ne peut que conduire à sa mort, en tous les cas sous sa forme actuelle dans notre pays. En même temps, aller et faire des disciples, cela n’est pas toujours évident, il nous faut encore réfléchir aux manières de toucher les autres là où ils sont, alors même qu’ils n’éprouvent aucun besoin de nous rejoindre.

Pourtant, une phrase essentielle de Jésus dans notre passage biblique a été reprise par de nombreux participants : « Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Nous ne sommes pas seuls, nous ne faisons même pas l’essentiel du travail. Alors, allons-y. Rendez-vous le 8 mai pour essayer de trouver des chemins vers les autres.

Pasteure Anne Petit

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