Vie de l'Eglise

juin 5th

méditation juin 2020

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L’autre jour, une personne m’a interpellée en me disant : « je ne vois pas pourquoi vous avez peur, la maladie disparait » en parlant des précautions qu’il nous faut prendre pour rouvrir le temple aux cultes.

C’est qu’aujourd’hui, la société est divisée entre ceux qui ont encore peur ou tout au moins qui estiment que si la maladie diminue, c’est parce qu’on a eu peur et que nous avons suivi les mesures qui s’imposent et que, donc, il faut continuer à être prudents et ceux qui estiment illégitime et inutiles les précautions encore imposées ou conseillées. Et voilà donc encore une raison de critiquer nos dirigeants, nos instances d’associations, nos conseils presbytéraux.

Je dis souvent qu’il y a des peurs légitimes. Mais quand on entretient des peurs naturelles (peur de l’inconnu, peur de la maladie) en les magnifiant ou qu’au contraire on minimise les dangers tout en critiquant sans relâche nos dirigeants (qui ont certes commis des erreurs mais qui ont fait ce qu’ils ont pu, comme les gouvernements des pays voisins), on sème la méfiance, la discorde et le désespoir. Je vous laisse chercher qui dans la Bible se comporte de cette manière…et je vous encourage à la réflexion, à la prise de recul par rapport à vos ressentis, à l’écoute de l’autre et à la confiance.

Nous traversons une épreuve et nous venons de vivre une situation inédite de confinement qui me laisse personnellement un peu déboussolée quant à ma vie quotidienne. Je suis heureuse de pouvoir revoir mes enfants et petits-enfants qui vivent ici en région parisienne mais pour autant, je sais que la situation est toujours difficile et au fond, le confinement avait quelque chose de confortable, le gouvernement avait décidé pour moi ce que je pouvais faire, ce que je ne pouvais pas faire. Aujourd’hui, je suis totalement responsable de mes actes, de ce que je m’autorise à faire, de ce que je me refuse à faire, même si c’est « autorisé », parce que j’estime que ce n’est pas prudent. C’est un concept très familier dans le protestantisme, je le pratique depuis longtemps et pourtant, là, je suis un peu perdue, d’autant que déjà, j’ai été confrontée à d’autres avis que le mien, tout aussi protestants et réfléchis. Il va falloir apprendre à nouveau à s’écouter les uns les autres pour décider ensemble ce qui est le mieux : pour ma famille, pour la paroisse, pour les autres que je côtoie et même pour la planète.

Pour cela, je ne vois qu’une seule recette : la prière, la lecture de la Bible et la confiance. La prière me permet de prendre du recul. La prière me recentre sur Dieu et donc me « décentre » de moi-même. La prière laisse la place au temps et au calme. La lecture de la Bible me permet de continuer à chercher Dieu, elle me rappelle ses promesses, elle me permet de prendre de la hauteur, elle me rappelle la confiance : confiance en Dieu d’abord, mais ce n’est au fond pas l’essentiel dans les circonstances actuelles. Le plus important, c’est la confiance de Dieu. C’est parce que Dieu a placé sa confiance en l’humanité que je sais que je peux vivre de cette confiance. Celle que moi je ressens est sans cesse éprouvée. Eprouvée par le doute quand il s’agit de la foi : vais-je avoir assez de foi pour que l’amour et le soutien de Dieu me suffisent pour traverser telle ou telle épreuve ? Elle est éprouvée par la vie quotidienne et son lot de questions qui me viennent d’ailleurs ou qui sont générées par mes propres peurs : le gouvernement a-t-il pris les bonnes décisions ? Que nous réserve l’avenir ? Est-ce que je vais pouvoir continuer à exercer mon ministère tout en jonglant avec toutes les contraintes liées à la situation ?

Voyez comme il est facile de s’enfoncer dans le doute ! La prière et la lecture de la Bible me rappellent que Dieu a confiance. Il a confiance en moi qui lui fais confiance du mieux que je peux et il a aussi confiance en ceux qui ne le connaissent pas ou qui le rejettent. C’est cette confiance qui nous permet de vivre, quelles que soient les circonstances. C’est cette confiance qui seule nous sauve.

Portez-vous bien et soyez prudents

Pasteur Anne Petit

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