Vie de l'Eglise

juin 22nd

Prédication du 21 juin 2020 par le pasteur Ruth-Annie Coyault

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Culte du dimanche 21 juin à Rambouillet

Genèse 28, 10-22 Le songe de Jacob

 

Jacob partit de Beér-Chéba et s’en alla à Harân. Il atteignit un endroit où il passa la nuit, car le soleil était couché. Il prit l’une des pierres de l’endroit, il la plaça sous sa tête, et il se coucha à cet endroit. Il eut un rêve. Voici qu’une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait au ciel ; et les anges de Dieu y montaient et y descendaient. Or l’Éternel se tenait au-dessus d’elle ; il dit : Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donnerai à toi et à ta descendance. Ta descendance sera (innombrable) comme la poussière de la terre ; tu t’étendras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud. Toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta descendance. Voici : je suis moi-même avec toi, je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce territoire ; car je ne t’abandonnerai pas, avant d’avoir accompli ce que je te dis.

Jacob s’éveilla de son sommeil et dit : Certainement, l’Éternel est présent dans cet endroit, et moi, je ne le savais pas ! Il eut de la crainte et dit : Que cet endroit est redoutable ! Ce n’est rien moins que la maison de Dieu, c’est la porte des cieux ! Jacob se leva de bon matin ; il prit la pierre qu’il avait placée sous sa tête, il l’érigea en stèle et versa de l’huile sur son sommet. Il donna le nom de Béthel à cet endroit, mais la ville avait d’abord porté le nom de Louz. Jacob fit un vœu en disant : Si Dieu est avec moi et me garde sur la route où je vais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu. Cette pierre que j’ai érigée en stèle, sera la maison de Dieu. Je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.

 

Prédication

Ce cher Jacob ! Jusque dans son sommeil, il est toujours en train de faire des arrangements ! Même avec Dieu, il veut trouver un arrangement, pour que Dieu lui donne ce qu’il veut !

Jacob a été béni par son père, il est béni une fois de plus par Dieu, en songe. On pourrait dire qu’il est doublement comblé : sur la terre (par son père) et au ciel (par Dieu), ce qui n’est pas le cas de son frère Ésaü à qui il a volé la bénédiction paternelle… Mais n’allons pas trop vite : le Jacob qui reçoit toutes ces bénédictions ne les a pas encore vu s’accomplir, et ça ne va pas se faire en claquant des doigts, oh que non ! Pour voir ces bénédictions s’accomplir, Jacob qui a trompé son frère et son père va prendre une leçon de vie mémorable :

è pour commencer, l’exil : Jacob doit s’enfuir loin de son pays pour échapper à la colère de son frère Ésaü. Dieu lui a pourtant promis que lui et ses descendants posséderont le pays, ce qui veut dire qu’il sera un homme puissant et prospère, mais pour l’instant ce n’est qu’un homme pauvre et seul qui quitte la maison de son père avec pour unique possession son bâton de voyageur, tandis que son frère Ésaü qui n’a pas eu la bénédiction reste bien tranquille dans le pays auprès de leur père Isaac, Ésaü vit dans l’abondance pendant que Jacob est exilé et va devoir trimer de longues années à l’étranger avant de pouvoir retourner chez lui…

è Ensuite, deuxième leçon de vie (c’est peut-être celle-là qu’on peut retenir comme enseignement pour nous tous) : il n’y a pas de bénédiction sans efforts ni épreuves. Jacob va d’ailleurs faire face à de nombreuses épreuves lorsqu’il sera arrivé en Mésopotamie : pendant 20 ans, il va subir les ruses de son oncle et beau-père Laban qui va l’exploiter sans vergogne, sans oublier la rivalité entre ses épouses Rachel et Léa. C’est ainsi que Jacob, l’homme béni de Dieu, va apprendre à marcher selon la volonté du Seigneur pour ne plus jamais tromper ni faire souffrir qui que ce soit, il va apprendre que la bénédiction ne s’arrache pas, on la reçoit de Dieu dans l’humilité et on travaille dur pour qu’elle devienne réalité… Aujourd’hui, si Dieu vous promet que vous allez devenir médecin, ça ne veut pas dire que les connaissances en médecine vont tomber du ciel pour faire de vous un médecin du jour au lendemain. Il va falloir étudier pendant de longues années pour devenir médecin…

 

Dans son commentaire sur ce texte, Calvin écrit que l’échelle du songe de Jacob est l’image de Christ en tant que Médiateur entre Dieu et les hommes. De même que par le moyen de l’échelle les anges montent et descendent du ciel à la terre, de même par Jésus-Christ le ministère des anges qui est fait de justice, de vie et de toutes les grâces du Saint-Esprit descend du ciel jusqu’à nous…

En effet, l’échelle dressée entre le ciel et la terre évoque la relation entre Dieu et les hommes, une relation brisée par la désobéissance et le péché, et pour la foi chrétienne, c’est le Seigneur Jésus qui rétablit cette relation en venant sur la terre et en donnant sa vie pour les pécheurs… L’évangile de Jean dit : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. » (Jean 3, 13). Pour nous, le Fils de Dieu est descendu du ciel, il a enseigné la Parole du Père, il est mort à la croix et il est ressuscité, il est monté au ciel dans la gloire et il demeure présent à nos côtés, pour nous manifester la grâce abondante que Dieu manifesta autrefois à Jacob en lui promettant qu’il ne l’abandonnerait pas. À nous aussi le Seigneur Jésus, le Médiateur éternel, promet qu’il ne nous abandonnera pas, il nous dit comme il dit à ses disciples : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 20).

En Christ, nous pouvons chaque jour, par la prière, monter vers Dieu, et redescendre comblés des grâces qui sont préparées pour nous. En Christ, nous recevons chaque jour les bienfaits/dons innombrables que Dieu nous accorde. Lorsque nous prions Dieu pour notre travail, pour nos études, pour notre santé, pour la réconciliation, la justice et la paix, nous montons à l’échelle qui est le Christ, nous demandons au nom de Jésus, comme il nous l’a enseigné lui-même dans les évangiles : « Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » (Jean 14, 14). Mais est-ce que ça veut dire que nous obtenons tout de suite tout ce que nous avons demandé ? Non. L’exaucement ne tombe pas du ciel, ça se prépare, comme la bénédiction de Jacob pour laquelle il a fallu des années de dur labeur pour qu’il devienne ce que Dieu lui avait promis… Ça veut dire que Dieu travaille de son côté, et les hommes de leur côté doivent travailler aussi pour jouir des grâces magnifiques et des bénédictions que Dieu a promises.

 

Il est intéressant de noter que Jacob sort de la ville de Beer-Shéba qui signifie le puits du serment. C’est dans cette ville que son ancêtre Abraham a fait un serment de non-agression avec le roi des Philistins, Abimélec (Genèse 21, 31-32). Des années plus tard Jacob, qui s’appelle désormais Israël après son combat avec l’ange au gué du Yaboq, revient à Beer-Shéba et offre des sacrifices à Dieu, comme il s’était engagé par serment en promettant qu’il donnerait le dixième de tout ce que Dieu lui donnerait. C’est sa façon de dire merci au Seigneur qui l’a gardé pendant son voyage et lui a donné la victoire dans les combats qu’il a eu à mener.

Le fait nouveau dans cette histoire de serment, c’est que Jacob est parti d’un lieu où son ancêtre s’était engagé par serment envers un homme, et il y revient en étant engagé par un serment envers Dieu. Le serment est certes un peu bizarre, on peut lui donner un côté calculateur puisque Jacob propose un deal donnant-donnant à Dieu : ‘Si tu me protèges, si tu me donnes de quoi manger et me vêtir, si tu fais en sorte que je puisse un jour retourner chez mon père en sécurité, je promets que tu seras mon Dieu et que je donnerai 10% de tous mes biens.’

On retrouve un peu le Jacob rusé qui a volé la bénédiction de son frère, l’homme adroit/intelligent qui sait ce qu’il veut et qui pense qu’il n’y a rien pour rien, que ce soit dans la relation avec les hommes ou avec Dieu, il faut donner pour recevoir, donc il échange une promesse contre la promesse de Dieu qui s’était engagé à le bénir, à la protéger et à le ramener dans son pays… On n’aime pas beaucoup cet aspect de la personnalité de Jacob, néanmoins on peut noter que ce qu’il dit n’est plus un serment entre les hommes, c’est un serment avec Dieu, c’est un engagement solennel qui lie Jacob au Seigneur, une alliance avec le Dieu de ses pères… Et Jacob scelle son serment avec Dieu en élevant une stèle commémorative, une pierre qui rappelle que désormais il est lié à Dieu par une promesse, et la protection du Tout-Puissant est sur lui. Jacob donne le nom de Béthel à ce lieu où il s’engage par Serment avec Dieu, et Béthel va devenir un sanctuaire très important dans la foi d’Israël[1] : Jacob va y retourner plus tard sur l’ordre de Dieu et dressera un autel (Genèse 35, 1), mais on peut déplorer le fait que Béthel va aussi devenir un haut lieu où les enfants d’Israël se livreront à l’idolâtrie[2]

 

Avons-nous des lieux où nous pensons que Dieu est là, qu’il se révèle et se manifeste à partir de ce lieu ? Pour certains c’est le temple, pour d’autres c’est à la maison, dans sa chambre, quand on est bien tranquille, seul devant le Seigneur. D’autres encore vont en pèlerinage dans des lieux où ils pensent que Dieu fait des miracles… Pour la foi chrétienne, le sanctuaire/le temple, ce n’est ni un lieu ni un édifice : Christ est le sanctuaire par excellence, Celui en qui habite la plénitude de Dieu, Christ est Celui en qui Dieu se révèle, son corps livré au sacrifice est le temple qui a été détruit et rebâti en trois jours, pour parler de sa mort et de sa résurrection selon l’évangile de Jean (2, 19-21). Et l’homme aussi est le temple du Seigneur, comme écrit l’apôtre Paul aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3, 16).

L’homme cherche des lieux pour aller à la rencontre de Dieu, il édifie des temples, des monastères, des cathédrales, des lieux de prière spécifiques, mais l’évangile lui répond que les vrais adorateurs… adorent Dieu en esprit et en vérité… Et que nous dit le récit du songe de Jacob ? Jacob ne se doutait même pas que Dieu puisse être présent dans ce lieu, sur une terre inconnue, loin de la maison de son père, dans un endroit non consacré. Le texte met en avant l’idée de l’omniprésence de Dieu : quel que soit l’endroit du globe où nous sommes, c’est Dieu qui l’a créé, et il y est présent, et il veille sur les hommes, il met tout en œuvre pour accomplir son bon dessein sur nous, malgré nos défaillances et nos désobéissances. Mais nous, savons-nous seulement que le Seigneur est là ? Jacob découvre que Dieu est présent dans d’autres lieux que la maison de son père Isaac, et il en est tout retourné ! Donc point n’est besoin de chercher un lieu spécial où la « magie » de Dieu opère : où que nous soyons, Dieu nous parle dans le cœur…

 

Est-ce que, comme Jacob, il nous est arrivé de faire des promesses à Dieu ? ‘Seigneur, si tu m’aides à obtenir ce contrat, si tu me bénis pour que j’aie un bon poste et que je fasse un bon mariage, si tu me donnes tout ce que je veux dans ma vie, alors je promets d’aller au culte quand je serai disponible et je promets de donner l’offrande pour soutenir ton Eglise…’ Est-ce que nous avons pu tenir les promesses que nous avons faites à Dieu ? Et au fond, était-ce bien nécessaire de faire des promesses ? Dans le texte biblique, Dieu a déjà béni Jacob et sa promesse ne repose pas sur un engagement de la part de Jacob, mais seulement sur la bonté de Dieu qui veut faire du bien à ses enfants… Si Dieu le premier s’engage par serment envers les hommes, c’est parce que, comme dit la lettre de Jean, il nous a aimés le premier (1 Jean 4, 19), il n’a pas besoin de preuves de notre dévouement pour nous manifester sa bonté ; la promesse de Dieu n’est pas conditionnée par la nôtre, sinon il ne serait pas notre Dieu et notre Père…

Jacob ressent le besoin d’inscrire sa relation avec Dieu dans une espèce de contrat qui est parfaitement inutile puisque Dieu lui a déjà tout promis avant même qu’il ne pense à le demander, comme une façon de nous dire que Dieu sait quels sont nos besoins, et il s’engage à y répondre avant même que nous les ayons formulés…

Jacob pense que la relation avec Dieu s’inscrit dans une logique de mérite, mais il a bien tort : non, Dieu ne mérite pas notre attachement et notre engagement grâce à la protection et aux bénédictions qu’il nous accorde. Et non, nous ne méritons pas la protection et la bénédiction de Dieu grâce à nos offrandes, à notre fidélité au culte ou à tous les sacrifices que l’on voudrait consentir pour lui plaire… Tout est grâce dans le Seigneur, son amour ne repose sur aucun mérite, aucun sacrifice, aucun effort. Dieu nous aime et prend soin de nous, sans exiger de contrepartie…

Toutefois, le vœu ou le serment de Jacob envers Dieu peut être considéré autrement que comme un calcul, on peut y voir la réponse d’un croyant à la parole que Dieu lui a adressée, la réponse fervente de celui qui est prêt à se mettre au service du Dieu qui lui a fait une merveilleuse promesse, et c’est ce que nous faisons aussi en tant que disciples du Christ : nous répondons à l’amour de Dieu par un engagement multiforme dans son Eglise, nous répondons au Dieu qui s’est engagé pour notre salut en nous engageant à notre tour pour lui, en devenant ses serviteurs et ses témoins…

 

Dans le songe de Jacob, Dieu s’est révélé comme le Dieu qui est tout en haut de l’échelle. Ce n’est donc pas sans raison que nous appelons parfois Dieu « le Très-Haut ». En effet, Dieu est plus haut que tout ce que nous pouvons imaginer. Son amour s’élève toujours plus haut que ce que nous pensons, et c’est bien par amour qu’il a béni l’usurpateur Jacob et l’a protégé pendant ses pérégrinations en terre de Canaan.

 

Jacob a fait l’expérience de la rencontre avec Dieu quand il était loin de la maison de son père. Loin de la sécurité du cocon familial, il va apprendre à connaître le Dieu de son père et à compter sur la sécurité que lui offre le Seigneur. Jacob découvre qu’il y a une autre « maison » où il peut se réfugier et être en sécurité, c’est pourquoi il donne au lieu où le Seigneur s’est révélé à lui le nom de Béthel qui signifie maison de Dieu. Cette maison que Jacob découvre, c’est Dieu lui-même, Dieu qui lui donne sa présence et sa protection, Dieu qui sera le soutien infaillible de toute sa vie, même dans les moments les plus difficiles, c’est le Dieu à qui Jacob va s’accrocher de toutes ses forces, jusque dans sa lutte avec l’ange au gué du Yaboq, il va s’accrocher à l’ange en disant : « Je ne te laisserai pas partir si tu ne me bénis pas. » (Genèse 32, 27) car il a compris que sans Dieu qui le bénit et le protège, il n’est rien, et il ne peut pas être sauvé… Oui, le Dieu que nos ancêtres et nos parents ont adoré veut se révéler à nous aujourd’hui comme le soutien infaillible de nos vies. C’est lui qui nous met en sécurité et nous sauve par le Christ qu’il a envoyé.

 

Le rêve de Jacob lui a permis de réaliser une chose essentielle : à lui qui avait mal agi envers son frère, à lui le menteur et l’usurpateur qui a roulé son père dans la farine, à lui l’homme fatigué et inquiet de la vie d’exilé qui commence pour lui, Dieu ne dit aucune parole de menace ou de malédiction… Au contraire, Dieu le bénit et bénit d’avance ses descendants ! Jacob réalise alors combien Dieu l’aime et ne lui a pas fermé sa porte, mais elle est grande ouverte et il marche avec la faveur de son Dieu, c’est pourquoi il s’écrie : « C’est ici la porte des cieux ! » et il est rempli de crainte en présence du Seigneur. Au pécheur fatigué, Dieu manifeste sa grâce. À Golgotha où le Christ a donné sa vie, Dieu dit à tous les pécheurs que la porte des cieux est ouverte. À Golgotha, c’est le cœur de Dieu qui est ouvert afin que chaque pécheur puisse entrer dans sa maison et reposer à l’ombre de son amour…

 

Conclusion :

J’aimerais terminer cette méditation en citant le disciple Nathanaël qui est étonné d’apprendre que Jésus le connaît et l’a vu avant même de le rencontrer, Jésus lui répond : « Tu verras des choses beaucoup plus grandes ! Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ! » (Jean 1, 51). Belle promesse qui rappelle le rêve de Jacob…

En Jésus seul, l’échelle de Dieu est tendue entre le ciel et la terre, afin que chaque jour nous trouvions la force de reprendre vie, de redresser nos chemins et de vivre selon sa volonté. En Jésus seul qui nous révèle l’amour du Père, nous tous les Jacob d’aujourd’hui trouvons grâce et pardon auprès de Dieu, et quand nous sommes égarés loin du Seigneur (égarés dans l’erreur/le péché), nous pouvons simplement et humblement revenir à Béthel la maison de Dieu. Nous pouvons chaque jour, dans la prière, revenir à Béthel et trouver la porte du ciel ouverte, car Dieu est toujours présent et il attend notre prière…

Allez, vous tous les Jacob d’aujourd’hui, levez-vous dans la foi et la reconnaissance, levez-vous et reprenez votre route : la bénédiction de Dieu est sur vous ! Amen.

Pasteur Ruth-Annie Coyault


[1] Juges 20:18-26, Juges 21:2, 1 Samuel 7:16, 1 Samuel 10:3, 2 Rois 2:2, 2 Rois 2:23, 2 Rois 17:28.

[2] 2 Rois 10:29, Amos 4:4, Amos 7:13

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