Vie de l'Eglise

mar 26th

méditation sur l’évangile de Jean. 8

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L’heure de la glorification (Jn 12, 20-32)

 

Jésus est entré pour la dernière fois à Jérusalem, monté sur un âne, acclamé par la foule comme le roi d’Israël. Des Grecs, païens donc, cherchent à le rencontrer. Jésus annonce alors que l’heure de sa glorification est arrivée. La question de l’heure, qui court dans tout l’évangile, arrive à son dénouement. L’heure de Jésus, c’est celle de sa glorification et celle-ci passe par la mort de la croix. Dans le quatrième évangile, la croix n’est pas présentée comme le lieu de l’abaissement de Jésus, mais celui de son élévation. Élévation tragiquement physique, mais surtout élévation au sens théologique et politique, les deux étant irréductiblement liés en ce premier siècle de notre ère.
Nous découvrons dans ce passage propre à Jean des paroles de Jésus que les autres évangélistes nous ont relatées dans des contextes différents. Le moment d’angoisse de Jésus, sa parole sur le grain de blé, la manière de suivre Jésus sont des échos familiers au lecteur des évangiles. Ce passage est cependant unique et fondamental en ce qu’il nous explique le sens de la croix pour la communauté de Jean :

La croix est l’heure et le lieu de l’élévation, de la glorification de Jésus.  Elle est le trône de gloire du roi d’Israël. Tout cela sera déployé dans la suite de l’évangile. Mais ici, au moment où Jésus annonce que l’heure est arrivée, nous découvrons le sens de cette heure de glorification, le sens de la croix.

31C’est maintenant le jugement de ce monde ; c’est maintenant que le prince de ce monde sera chassé dehors. 32Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.

Par l’intronisation glorieuse de Jésus sur la croix, le « prince de ce monde », c’est-à-dire le mal personnifié, est vaincu, chassé hors du monde.  Si nous souffrons encore des différentes manifestations du mal, nous savons que jamais la souffrance, la violence et la mort n’auront le dernier mot. Jésus les a vaincues pour nous. C’est là la bonne nouvelle qui nous porte et nous réconforte devant les vicissitudes de nos vies et du monde. Dans nos instants de découragement, la certitude que Jésus a vaincu le mal et que son règne de paix a déjà commencé nous soutient et nous encourage. Nous ne pourrions rien seuls contre ce mal qui a tordu le projet de Dieu depuis le commencement. Heureusement, c’est Jésus le Christ qui s’est chargé de le vaincre, commençant l’œuvre de restauration de la création, œuvre dont nous sommes à la fois les bénéficiaires et les ouvriers.
Plus encore, c’est du lieu de son élévation, qui commence à la croix, que Jésus va réaliser cette promesse qui est bonne nouvelle pour toute l’humanité : il attirera tous les humains à lui. Tous sont au bénéfice de la victoire du Christ sur le mal. Tous sont appelés à le rejoindre et à le confesser comme le Seigneur, le roi d’Israël.

Réjouissons-nous, nous qui sommes déjà au bénéfice de cette promesse ! Réjouissons-nous pour nous et pour le monde qui connaîtra un jour une humanité pleinement réconciliée avec son Dieu, celui qui, de toute éternité est le seul roi d’Israël, et, en Christ, le seul roi du monde.

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