Vie de l'Eglise

juin 27th

Echos du synode national d’Avignon

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 Ce synode avait 2 sujets principaux à traiter : la mise en place d’une région luthérienne et réformée et la question de l’animation financière dans nos églises. La modératrice, la pasteure Agnès Von Kirchbach, a très bien maîtrisé les débats et tenu les timings (très lourds de 8h45 à 22h00 !) et la pasteure Anne Faisandier qui a assuré l’aumônerie, nous a enchantés par ses talents de conteuse.

Nous avons profité d’un très beau temps provençal et la salle où se déroulait nos débats était très confortable avec une vue sur la campagne. Bon accueil de la paroisse d’Avignon dont les pauses café ont avantageusement comblé les repas plutôt insipides pour ne pas dire plus !

Enfin, au cours de ce synode furent admis et inscrits au rôle les pasteurs admis au cours de l’année 2013/14, dont notre pasteur, Anne Petit.

Pour introduire son  message, le président du Conseil national Laurent Schlumberger a évoqué plusieurs anniversaires :

-          1 an : le 1er synode de l’EPU à Lyon : en un an tout s’est mis en place facilement entre réformés et luthériens, même sur le plan de la liturgie.

-          45 ans : le synode de l’ERF déjà à Avignon où l’on avait regretté l’échec des efforts menés en vue d’une union des Eglises luthériennes et réformées et où il fut aussi question…d’animation financière…un éternel recommencement !

-          80 ans : le synode de Barmen : source d’inspiration et texte de référence de la Communion de Leuenberg dont notre église est membre.

Tous ces rappels pour nous convaincre que l’Eglise doit toujours répondre aux questions fondamentales de notre temps : aujourd’hui, ce furent les prises de positions nationales ou régionales concernant xénophobie et racisme, mais aussi les réflexions importantes sur la fin de vie et aujourd’hui, dans un dialogue confiant dans l’Eglise, sur la bénédiction.

 

En dehors de nos 2 débats, quelques donnés fournies par la commission des ministères (CDM) :

-          L’âge moyen d’entrée dans le ministère pastoral est de 35 ans

-          Environ la moitié des candidats au ministère ne sont pas nés dans une famille appartenant à l’ERF ou à l’EELF

-          Au 1er juillet 2013, l’EPUdF compte 429 ministres inscrits au rôle

-          En 2013, l’EPUdF a inscrit au rôle 16 nouveaux ministres. 14 étudiants sont actuellement en année de master professionnel.

Les flux sont équilibrés entre les arrivées et les départs mais il y a encore trop de postes vacants.

 

Et aussi le rapport du DEFAP :

Les contributions des églises sont d’environ 2M€ : 900K€ vont aux projets de la CEVAA, 820K€ aux projets et services du DEFAP, 90 K€ à l’entraide aux anciens missionnaires, 170K€ aux frais de fonctionnement.

Le DEFAP pourrait bénéficier de financements publics, notamment de l’Agence française de développement (AFD) mais l’acceptation de financements publics n’est pas sans danger. Une réflexion partagée entre le Conseil national et le Conseil du DEFAP a conduit à l’élaboration d’une charte de déontologie. Le Synode national rappelle que le Service protestant de mission est un élément essentiel de notre dispositif missionnaire. Il invite les paroisses et églises locales à mettre en place une journée annuelle d’information et d’offrande qui alimenterait le titre D de la Région.

 

Débat synodal : Mise en place d’une région luthérienne-réformée

Délégation des synodes régionaux au synode national

Composition du synode régional

Suite à la demande des régions Est (réformée) et Montbéliard (luthérienne) le synode décide la constitution d’une seule région luthérienne-réformée appelée Est-Montbéliard à effet au 1er juillet 2014 avec une expérimentation de 5 ans. Quelques questions restent à finaliser à propos de la gouvernance à partir du document produit par la Communion d’Eglises protestantes en Europe (CEPE), du terme Inspecteur ecclésiastique et du fonctionnement du binôme « président du CR-inspecteur ecclésiastique », du mode de nomination des ministres, du rôle des consistoires…

 

Débat synodal : Responsables et solidaires ; nos ressources communes

Comme l’a fait le président Laurent Schlumberger, c’est par l’évocation d’un ancien synode, en l’occurrence le 1er synode de la nouvelle ERF en 1938 que le trésorier Denis Richard, nous a rappelé que ce n’est pas d’aujourd’hui que les synodes se penchent sur la situation financière de l’Eglise.

En 1938 le pasteur Henri Eberhard disait : (…) des traitements de misère pour ses pasteurs ; des pensions de retraite honteuses pour ses vieux serviteurs(…) des déficits à peu près partout, depuis les budgets locaux jusqu’aux nationaux(…) une impossibilité absolue d’aller de l’avant (…)

Heureusement l’Eglise n’est plus dans la  situation de l’ERF en 1938 !

Petit résumé des comptes de l’EPUdF en 2013 :

Une synthèse des recettes et dépenses de l’EPUdF dans son ensemble intégrant les comptes des A.C. permet d’appréhender la situation financière globale de l’Eglise en 2013 :

Le montant total du bilan est de 71M€ (en 2012 il était de 66 M€. Le fonds statutaire est de 41,5 M€ (il était de 38,9 M€ en 2012) et les réserves de 22,2M€. Le compte de résultat fait apparaître un déficit de – 101 M€ (en 2012 le résultat était de +1,7 M€)

En ce qui concerne le titre A (rémunération des ministres et animation et services) alimenté par les régions le budget est de 6M€ (dont 1,7 M€ pour la Région parisienne)

TOTAL RECETTES : 27,1 M€  incluant les CIBLES REGIONALES : 17,9 M€ (dont 6,1 M€ reversés à l’Union)

CUMUL DEPENSES (Net de Transfert) : 29,2 M€ (Union Titre A: 6,34M€, Régions 12,5 M€, AC 10,4M€)

Les responsables nationaux d’analyse des comptes des AC attirent notre attention sur la baisse constante du nombre de foyers participants à la vie financière. Ils représentent 43% des foyers connus. Ils notent aussi l’importance des dépenses de fonctionnement liées à l’immobilier qui obligent beaucoup de paroisses a boucler leur budget avec des subventions ou des recettes extraordinaires. Enfin notre Eglise a bénéficié pendant de nombreuses années des subsides d’un généreux donateur pour financer de nombreux projets d’animation, d’évangélisation, de communication mais aujourd’hui il montre des signes d’essoufflement susceptible de remettre en cause certains projets. Le colloque financier réuni fin novembre 2013 a proposé la création d’un fonds « Témoignage et développement » pour soutenir des projets innovants ou à pérenniser. Ce fonds serait alimenté par des budgets spécifiques, des excédents, des legs, des revenus mobiliers…

Nous sommes à un moment particulier de la vie de l’Eglise qu’il faut saisir pour :

-          Relancer une animation financière qui rappelle à tous la primauté du don à l’Eglise au regard du don que l’Eglise fait à chacun d’entre nous

-          Rappeler que la solidarité entre nous tous est le moteur du fonctionnement de l’Eglise

-          Rappeler que les bâtiments ne sont que des outils mis au service de l’Eglise

-          Ne pas oublier que nos richesses et nos réserves n’ont d’autres perspectives que d’être là pour donner à l’Eglise les moyens et les forces pour accomplir sa mission

-          Inventer les outils financiers permettant d’assurer les projets d’animation, la formation des ministres, l’évangélisation et la place de l’Eglise dans le monde.

Les enjeux du débat synodal et les décisions à venir

1/Au niveau des AC : Entre 2012 et 2013 le nombre de foyers versant une offrande régulière a diminué de 2% à périmètre égal. Certes, la masse des dons ne diminue pas grâce à une augmentation régulière du don moyen et, tant les AC que l’Union conservent les moyens d’assurer leur mission. Cette situation est cependant dangereuse nous disent les trésoriers (vieillissement et défaut de renouvellement des générations) et ils bouclent difficilement leur budget. Les dépenses liées à l’immobilier augmentent…et bien souvent on peut se poser la question Est-ce à la hauteur de l’enjeu ecclésial ? (« Maître, regardes quelles pierres et quels bâtiments !…Jésus lui répondit : Tu vois ces grands bâtiments ? Pas une pierre n’y restera sur une autre pierre : tout sera renversé. » Marc 13.1) De plus, les provisions constituées pour les travaux dorment souvent de longues années au détriment des paroisses voisines, voire de la région ou même de l’Union ! Heureusement beaucoup d’AC font un important travail de regroupements (Ensembles dans la région CLR) D’une manière générale on constate un effet direct entre la maîtrise des dépenses locales et la contribution synodale régionale : un poids trop important de dépenses locales entraîne une contraction de la contribution régionale donc de la solidarité.

2/ au niveau des régions : Les 2 préoccupations majeures des régions sont d’assurer le plus large pourvoi des postes en fonction du budget disponible qui leur vient des cibles des AC (réjouissons nous que le nombre de ministres dans notre église reste stable depuis plusieurs années) et une forte solidarité entre les régions qui ne disposent pas toutes des mêmes ressources. La mise en place d’un fonds de développement abondé par les réserves financières locales, régionales et nationales sera un outil de solidarité au service de tous.

3/ Au niveau de l’Union :  l’Union est une institution interrégionale dans ses décisions comme dans son fonctionnement : le synode est constitué des délégués des régions et son budget est alimenté à plus de 90% par les contributions régionales. Les services du siège sont au service des AC et des régions et assurent une mutualisation des tâches pour leur compte. Cependant le Titre A est perçu comme excessivement important (3,3  M€ pour les ministres, 3 M€ pour l’animation et les services) Des économies ont déjà été faites ; en faire plus nécessiterait de limiter ou supprimer certaines interventions.

4/ Au niveau des donateurs : L’EPUdF compte en 2013 110.222 foyers connus, les régions CAR (Centre Alpes Rhône) et RP (Région parisienne) pèsent à égalité 39 % de l’ensemble, les 2 Inspections luthériennes 8,2 %. En moyenne chaque église locale compte 260 foyers connus mais seulement 25% des AC comptent plus de 300 foyers connus. Il y a 47.798 foyers participants financièrement à la vie de l’Eglise pour un total de 24.381.000 € La moyenne est de 111 foyers participants par AC (138 en Région parisienne) ; le don moyen annuel par participant est de 510 €. 40% des offrandes annuelles sont inférieures à 150 €, 5% des offrandes annuelles sont supérieures à 1.550 € (Par comparaison avec le monde associatif en général, 5,6 millions de français ont déclaré un don pour un total de 2,226 Md€ soit un don moyen de 400 €)

5/ L’Eglise dans l’exercice de sa mission :

Au niveau des AC, les dépenses ordinaires sont constituées des dépenses locales et de la contribution versée à la région (la cible). Elles sont financées par les recettes ordinaires : dons et offrandes et complétée éventuellement par des revenus de location de salles ou de subventions. En 2013 les recettes des AC ont été de 26,87 M€ pour un montant de dépenses de 28,12 M€ soit un solde négatif de -1,25 M€, ce déficit étant financé par des recettes extraordinaires (déconseillé !) ou par des retraits des fons de réserve. Enfin sur 100 € de dépenses 63 € vont à la solidarité, la cible de la région

et 37 € vont aux dépenses locales de l’AC.

Il faut noter que le poids des dépenses liées aux bâtiments représente 57 % des 9 M€ de dépenses locales des AC alors que la catéchèse, l’évangélisation, la jeunesse n’en représente que 3,2 %.

 

La vocation de l’Eglise consiste à valoriser le don sous toutes ses formes ; le don monétaire n’en est qu’une seule, mais c’est une fierté, peut être trop discrète de ne vivre que de contributions libres de personnes physiques. Pour accroître l’efficacité de ses actions d’animation financière, la stratégie doit s’appuyer sur l’information et sa mise en œuvre et sur les objectifs et les actions à mettre en place.

L’information :

Constitution au niveau de chaque AC d’une base de données la plus complète possible et homogène entre toutes les AC (modèle de l’Union) Un plan de formation des ministres et conseillers presbytéraux « Les activités de l’Eglise et leur financement » est en préparation.

Traitement des données par regroupement : c’est déjà ce que vous pouvez lire dans les lignes qui précèdent mais il faut passer d’une démarche passive et quantitative à une démarche active et qualitative.

Le mode opératoire proposé par le groupe national d’analyse des comptes a suscité de vives oppositions des synodaux inquiets de transférer leurs fichiers. C’est un débat qui devra être repris. Par ailleurs la mise en place d’une formule de don en ligne est à l’étude.

 

Les objectifs que l’on se donne :

Tirer le meilleur parti des données quantitatives, mais enrichir cette analyse par des données signalétiques (qui donne ?  : les jeunes, les vieux, les ruraux, les urbains ? les hommes, les femmes ?) de manière à différencier celui qui participe à la vie financière de l’Eglise par rapport à celui qui n’en n’est qu’un foyer connu. Et dans un 2ème temps s’adresser aux 4% de français qui se disent proches du protestantisme, 4 à 500.000 foyers pour lesquels il faut que le protestantisme devienne non pas un sympathique engagement, mais une vraie cause.

Le Synode national rend grâce à Dieu qui, par son esprit, suscite tant d’engagements, visibles et discrets, en conviction, en services, en temps, en argent. Il exprime sa gratitude pour les foyers qui, par leurs dons, donnent à l’Eglise les moyens nécessaires à l’Eglise pour vivre la mission à laquelle Dieu l’appelle. Le Synode national rappelle que l’EPUdF repose sur les 2 principes inséparables de la responsabilité des paroisses ou églises locales et de leur solidarité régionale et nationale (Constitution, article 17)

Pour poursuivre notre route, nous n’avons pas d’autres souffles que les dons et les offrandes des fidèles ; témoin, nous le sommes dans une Eglise où chacun donne en sachant ce qu’il a déjà reçu.

 

Michel Rayroux, délégué au synode national

 

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