Vie de l'Eglise

mar 29th

Méditation mars 2017

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Jésus lui dit : Cesse de t’accrocher à moi, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va vers mes frères et dis-leur que je monte vers celui qui est mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. (Jean 20, 17)

Nous sommes au matin de Pâques. Marie de Magdala est venue au tombeau cherche un corps, celui de Jésus qu’elle pense volé. Ce n’est que lorsque ce dernier l’appelle par son nom qu’elle le reconnaît, vivant. Elle se tourne vers lui et le touche, remplie de joie. Elle a retrouvé le corps qu’elle cherchait, non plus mort mais vivant !

Jésus prononce alors ces paroles sans doute déroutantes pour celle qui devient sa première apôtre : « cesse de t’accrocher à moi, car je ne suis pas encore monté vers le Père ». Jésus est mort et ressuscité, il est encore visible pour ceux qui l’ont connu, mais il est déjà autre, déjà, il n’est plus un corps que l’on touche. S’accrocher à celui qu’elle a connu empêche en quelque sorte Marie de découvrir celui qui va « monter près du Père », c’est-à-dire le Seigneur ressuscité. En s’accrochant à celui qu’elle a connu, Marie empêche même Jésus de devenir le Seigneur ressuscité. Jésus n’est plus le « rabbouni » de Marie, il est celui qui partage avec Dieu la royauté sur le monde. Mais cette royauté n’est réelle que si elle est reconnue. Et elle n’est reconnue que si Marie lâche Jésus, si elle accepte de perdre celui qui était son maître pour gagner celui qui est désormais son Seigneur.
Va vers mes frères et dis-leur que je monte vers celui qui est mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu.

Trouver le Seigneur ressuscité, le roi du monde, c’est d’abord l’annoncer. Marie tourne le dos au corps qu’elle cherchait, à celui qu’elle voulait garder et part annoncer la Bonne Nouvelle aux disciples. Quelle est cette Bonne Nouvelle ? Celle de l’absence d’un corps, Jésus « montant » vers son Père, celle d’une relation nouvelle des disciples à Dieu, devenu le Père de tous ceux qui croient. La Bonne Nouvelle ne dit pas qui est le Seigneur ressuscité, elle désigne Dieu comme Père. Elle annonce une absence matérielle.

La Bonne Nouvelle est là : personne ne peut « mettre la main » sur le Seigneur ressuscité. De même, personne ne peut dire qui est Dieu, hormis qu’il est Père. Croire n’est pas un contenu, croire est une relation avec celui qui est Père, au travers de celui qui, du fait de la résurrection est devenu notre frère à tous. Il nous faut tous les jours tourner le dos à ce Jésus que nous nous construisons et qui nous plaît pour partir annoncer celui que nous ne pouvons posséder, celui qui nous échappe toujours.

Croire, ce n’est pas un savoir matériel, croire, c’est partager la Bonne Nouvelle d’une nouvelle famille, de nouvelles relations, relations créées non pas du fait de notre naissance, non pas du fait de nos mérites mais fondées sur l’amour de celui qui a vaincu le mal absolu sur la croix pour que nous puissions vivre de son amour.

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