Vie de l'Eglise

oct 2nd

méditation d’octobre

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 (Jésus) vint dans son pays et se mit à enseigner dans leur synagogue ; ébahis, les gens se demandaient : D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-ce pas le fils du charpentier (…) D’où lui vient donc tout cela ? 

Il était pour eux une cause de chute. Mais Jésus leur dit : On ne refuse pas d’honorer un prophète, sinon dans son pays et dans sa maison.  Et il ne fit pas, là, beaucoup de miracles, à cause de leur manque de foi.

Lors d’une rencontre de prière, nous avons partagé autour de Matthieu 13, 53 à 58, dont vous pouvez lire des extraits ci-dessus. Il est compréhensible d’avoir du mal à reconnaître le génie ou simplement la compétence d’une personne que nous avons vu grandir, surtout si rien ne laisse supposer ses talents. Nous n’avons aucune difficulté à admettre le questionnement des voisins de Jésus. Mais nous avons plus de difficultés à nous sentir concernés. C’est intéressant d’avoir des informations sur la vie de l’homme de Nazareth, mais nous, nous savons qui il est !

Et pourtant, ce texte ne résonne-t-il pas comme un avertissement pour tous ? Nous pensons savoir qui il est. Chacun de nous s’est construit son image de Jésus. Et nous ne nous posons plus de questions, nous ne le cherchons pas vraiment, certains de bien le connaître. Et nous risquons, comme les gens de Nazareth, de ne pas être les bénéficiaires des miracles de Jésus. En effet, ces miracles sont principalement des miracles de libération. Or, comment être libéré quand on ne se sent pas prisonnier ? Pourtant, nous sommes bien toujours prisonniers : prisonniers de notre culture, de ses valeurs ; prisonniers de notre éducation, y compris religieuse qui nous conduit à enfermer Dieu ; prisonniers de nos peurs.
Parce que Jésus est un personnage familier, que nous croyons connaître, nous ne lui laissons souvent pas la place nécessaire pour opérer en nous toutes ces libérations qui pourtant nous feraient grandir en foi et en humanité.

Ma plus sûre prison, c’est celle de mes peurs : peur de manquer, peur de l’autre, peur de souffrir paralysent ma vie dès que je deviens comme les voisins de Jésus à Nazareth, trop sûre de le connaître, trop certaine qu’il ne peut pas tout ou en révolte contre les injustices du monde et de ma vie, injustices que j’ai tant envie de lui attribuer parce qu’il me faut un responsable. Mais si je lui laisse le temps de me redire qui il est, je sais que je peux vaincre mes peurs.
Grâce à lui, je sais que j’ai le droit d’être différente parce que chaque créature est unique pour lui. Je sais que je ne suis jamais seule parce qu’il a promis de m’accompagner, quel que soit mon chemin. Je sais que j’ai de la valeur pour lui, indépendamment de mes actes, de ma naissance, de ma généalogie. Grâce à lui, je sais qu’une seule personne peut changer le monde et que la vie sera toujours plus forte que la mort.

Oui, je suis reconnaissante de pouvoir chercher celui qui est toujours autre, toujours plus que ce que je sais de lui.

Pasteur Anne Petit

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