Vie de l'Eglise

oct 14th

méditation: du mensonge et de la vérité

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En ce matin du 30 septembre, j’ouvre la sélection presse de mon téléphone et deux informations m’interpellent. La première saute aux yeux, elle est en « une » de l’application : un homme politique français pris en flagrant délit de mensonge répété. La seconde se trouve un peu plus bas : le pape François s’attaque aux « fake news » pour la prochaine journée mondiale de la communication avec le mot d’ordre évangélique « la vérité vous rendra libre » (Jn 8, 32). Ces deux nouvelles pointent bien entendu la responsabilité de la presse mais aussi celle des politiques dans le monde d’aujourd’hui.

« La vérité vous rendra libre » : dans la rencontre de Jésus et des chefs religieux au cours de laquelle Jésus prononce cette phrase, il proclame également que le mensonge vient du diable, du diviseur suprême.

Moi qui écris et vous qui lisez ne sommes, sauf exception, ni journalistes, ni politiques. Mais à l’époque d’internet et des réseaux sociaux nous avons une responsabilité également. Si la vérité est notion indéfinissable puisqu’elle est une personne, Jésus (Jn 14, 6), le mensonge est une réalité bien tangible pour nous. Certes, quand Jésus parle du mensonge et de la vérité, il n’a pas à l’esprit les mensonges qui émaillent nos vies sans porter à conséquence : mensonges de politesse ou de convenance pour éviter une discussion ou répondre à des questions indiscrètes, mensonges d’enfant ou mensonges pour ne pas blesser l’autre. Le mensonge qui est condamné, c’est celui qui « asservit », le contraire de la vérité qui rend libre. Certains hommes politiques confondent vérité et idéologie : tout ce qui ne leur plaît pas est alors qualifié de mensonge. Ce faisant, ils vivent eux-mêmes dans le mensonge le pire qui soit, celui qui est en même temps idolâtrie, qui place le moi au-dessus de la réalité, au-dessus de Dieu, au centre de tout. N’est-ce pas un risque pour chacun de nous ? Refuser de voir la réalité, la rejeter pour nous construire une réalité alternative qui nous plaît : excuses pour ne pas croire au réchauffement climatique, à la détresse humaine qui conduit tant de personnes à quitter leur pays, à la souffrance animale de toute sorte, à la souffrance générée encore aujourd’hui des inégalités de fait entre les hommes et les femmes dans notre pays…

Puis il y a l’autre visage du mensonge : celui qui vise à dévaloriser celui qui est l’adversaire politique : mentir sur ce qu’il a dit ou fait. Nous avons une responsabilité immédiate dans ce domaine précis : avant de relayer l’information que le premier ministre de Legoland a abandonné ses triplets à la naissance ou que le gouvernement de Playmobil country propose de taxer l’air que les habitants respirent, il convient de vérifier l’information reçue. C’est une responsabilité citoyenne mais aussi chrétienne : la vérité est une personne, Jésus-Christ, qui a apporté le pardon et l’amour de Dieu à l’humanité. Contribuer au désespoir et à la haine en relayant la rumeur, jamais positive, c’est détruire l’œuvre du Christ dans le monde.  Notre responsabilité est encore plus grande vis-à-vis de personnes privées. Pour être sûrs de demeurer sur le chemin de la vie, celui du Christ, rappelons-nous les avertissements de Jacques sur la langue (Jc 4, 3-10) qui est une arme dangereuse et destructrice. Si ce que nous disons des personnes ne contribue ni au bien commun, ni à l’avancement du Royaume, mieux vaut nous taire.
Pasteur Anne Petit

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