Vie de l'Eglise

déc 6th

Méditation: la joie de la préparation

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Lors de notre dernière rencontre du jeudi, nous avons évoqué notre incapacité à comprendre l’importance du repas de fête dans la Bible. Nous mangeons de tout, à notre faim, tous les jours. Nous achetons de plus en plus de plats tout préparés. Il n’y a pas si longtemps, le poulet était le repas du dimanche et on ne mangeait pas de viande tous les jours. Il n’y a pas si longtemps, on mettait des jours à préparer une fête, en cuisinant et décorant tout soi-même. Au fond, la préparation était déjà la fête puisqu’elle l’anticipait. Si le travail était important, le plaisir de la préparation l’était tout autant.
Dans la Bible, il y a plus de repas que de prières. Jésus parle souvent du Royaume en évoquant le grand banquet qui s’y déroulera. Là, s’il n’y a pas préparation matérielle -encore que vivre en aimant son Dieu et son prochain, n’est-ce pas préparation du Royaume ? – l’anticipation est bien là. La joie de l’approche de Dieu emplit les cœurs.
Autrefois, la période de l’Avent était période de pénitence pour se préparer à Noël. Pourtant, c’était aussi une période de préparation. Et ces préparatifs étaient non pas contrainte mais plaisir. Certes, souvent la période était épuisante puisque ces préparatifs venaient en sus du travail quotidien, mais la fatigue était compensée largement par la joie de la venue de Noël.

Aujourd’hui, beaucoup déplorent la laïcisation de Noël, d’autres sa « commercialisation » et presque tous angoissent à l’idée de Noël, espérant en faire un moment idéal en famille, ce qui est rarement le cas.
Aux premiers, je dis que Jésus n’aurait pas critiqué la joie de ceux qui ne fêtent plus qu’une fête de famille, oubliant la véritable signification de Noël. Il a lui-même participé à bien des fêtes avec des personnes qui ne voulaient ou ne pouvaient pas le reconnaître, par exemple à Cana ou chez Simon le pharisien. Certes, cette joie est éphémère, elle ne dure pas comme celle que nous donne le Christ, mais pourquoi donc devrions-nous la condamner ?

Aux seconds, je dirais : « préparez-vous-même votre fête, vos décorations vos confiseries, vos cadeaux. Offrez-en autour de vous. Si vous, vous ne le faites pas, qui le fera ? Et qui sait ? Vous ferez peut-être des adeptes !»

Et à tous, je recommande le temps de la préparation. Profitez de la joie de l’attente. Ce n’est pas manquer de respect. Noël, c’est tous les jours depuis près de 2000 ans. Certes, c’est une tâche supplémentaire dans nos quotidiens très chargés. Mais aussi, c’est déjà une fête : décorer, faire des petits gâteaux, envoyer des cartes de Noël plutôt que des vœux de bonne année (pourquoi pas les faire soi-même ?), écouter les chants de Noël, profiter des illuminations des villes alentours, préparer des petits cadeaux pour nos proches, c’est une fête et cela permet de ne pas tout miser sur le jour-même. Il se passe comme il peut, il ne dépend pas uniquement de nous. Alors, pourquoi s’inquiéter ?

Je vous invite tous au culte de Noël avec les enfants, le 9 décembre, aux chants de Noël le 15, au goûter des anciens le 20, à la veillée, au culte les 24 et 25.
Et après ? Après, c’est toujours Noël : certes, la fête est passée, mais pourquoi limiter la joie à des fêtes carillonnées officielles ? Chaque rencontre peut devenir une fête puisque chaque rencontre est une possibilité de rendre le Royaume de Dieu plus proche.

Il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ! (Luc 2, 11)

Pasteur Anne Petit

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