Vie de l'Eglise

déc 31st

Méditation: « N’ayez pas peur »

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Au tournant de l’année, il est d’usage de faire des rétrospectives politiques, sportives, météorologiques, culturelles… J’aimerais partager avec vous mes réflexions qui remontent bien plus loin que le début de l’année. Cela fait maintenant des mois que je répète que la méditation de l’Evangile conjuguée à l’observation du monde me conduisent à être optimiste. S’il est une phrase de Jésus que je voudrais laisser à votre réflexion pour l’année 2017, c’est « n’ayez pas peur ». (Nombreuses références, par exemple Mt14, 27)
Je ne ferai pas le tour de toutes les manières dont la société nous encourage à voir les choses en noir et à vivre dans la crainte. Au fond, nous les connaissons toutes. Je voudrais vous désigner pourquoi il faut au contraire se réjouir et être optimiste.

Je souhaite vous parler de notre perception de la violence. Nous avons en effet tous le sentiment que nous vivons dans un monde violent. J’ai toujours pensé qu’il n’était pas plus violent qu’autrefois, que nous avions simplement des moyens plus perfectionnés de nous entretuer. La lecture d’un article récent m’a éclairée sur deux points : le premier, c’est que la violence diminue depuis des siècles. Malgré deux guerres mondiales, le 20e siècle compte beaucoup moins de morts que n’importe quel siècle du Moyen-Age. Les autres types de violence diminuent également de manière significative. Et, contrairement à ce qu’« on » dit, elles n’ont pas augmenté ces dernières années, au contraire. Le second point, c’est le paradoxe dit « de Tocqueville » qui explique que plus on est dans une société égalitaire, plus les inégalités choquent, ce qui se traduit de la même manière dans d’autres domaines. Ainsi, parce que nous vivons dans un monde où la violence a beaucoup diminué, elle paraît de plus en plus inacceptable. Suivait une longue liste d’explications possibles à cette diminution de la violence, les spécialistes n’étant pas tous d’accord.
Donc, bonne nouvelle, notre perception est faussée, le monde ne va pas si mal que cela, et notre Occident va tout compte fait plutôt bien. Si nous avons peur de manquer, c’est parce que nous avons en abondance. Si nous avons l’impression d’un monde d’une violence extrême, c’est que la violence nous fait horreur.
Et l’Evangile, dans tout cela ? L’Evangile avance, voyez-vous. La Bonne Nouvelle se propage. Ce n’est pas un hasard si c’est en Occident que la démocratie moderne est née. Ce n’est pas un hasard si les droits humains ont été proclamés en Angleterre, en France, aux Etats-Unis. Quelles que soient les autres explications, celle-ci est pour moi la plus frappante : même si c’est trop lent, trop long, nous sommes sur le chemin du Christ, qui a demandé la non-violence absolue à l’encontre de tous, y compris de nos pires ennemis. J’ai lu l’appel d’un médecin du monde qui disait qu’Alep était l’échec de l’Occident. Quelles que soient les erreurs de l’Occident pouvant être à l’origine partielle de ce drame, Alep n’est pas l’échec de l’Occident. Alep est le révélateur de notre état d’esprit. L’horreur qui nous envahit à la pensée du martyre de cette ville est le signe même de l’action de l’Evangile en nous. Certains – souvent d’une autre culture que la nôtre- considèrent que c’est notre faiblesse. J’affirme avec le Christ que c’est là notre très grande force.

N’ayez pas peur ! Quelles que soient les difficultés à traverser, Christ nous guide sur le chemin du Royaume.

Pasteur Anne Petit

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