Vie de l'Eglise

sept 6th

Méditation pour la rentrée

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L’année scolaire qui commence s’annonce bien chargée pour notre paroisse. Le culte de rentrée sera également le culte de reconnaissance du ministère du nouveau conseil presbytéral, nous commençons les travaux de rénovation du temple cet automne, nous préparons les 500 ans de le Réforme et nous vivons ensemble nos différentes activités. Tout cela est une grâce, sujet de réjouissance puisque c’est le signe d’une paroisse en croissance. Parallèlement, nous sommes préoccupés par la question du financement : il faut « boucler » le budget ordinaire et trouver à financer ces travaux dont une grande partie est obligatoire. Notre éducation, dans une société où tout est prévu, où on pense s’assurer contre tout, nous conduit à l’inquiétude, voire la tentation de l’immobilisme. La peur de l’échec conduit souvent au renoncement d’avance. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, fin juin, la nature et les humains nous ont rappelé durement que nous ne sommes pas assurés contre tout : si matériellement des assurances vont compenser certains dégâts des inondations, nous sommes contraints d’accepter que nous ne pouvons rien contre l’eau qui monte. Le massacre d’Orlando nous rappelle que nos vies et celles de nos proches sont fragiles et qu’aucune assurance ne peut nous protéger de tout. Lorsque Paul écrit une lettre aux Corinthiens dans un cadre plus que polémique, il justifie son apostolat en évoquant les expériences spirituelles fortes qu’il a vécues puis retourne totalement l’argumentation en parlant d’une épine dans sa chair qui l’empêche d’être orgueilleux.  Trois fois j’ai supplié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » (2Co12, 8-9) Nous sommes fragiles, l’actualité nous le rappelle. Que ce soit dans nos vies personnelles ou communautaires, nous ne sommes pas à l’abri de l’imprévu ou du malheur. La question financière dans notre paroisse le manifeste sans doute plus que nos vies personnelles dans un pays riche où nous sommes protégés de toutes parts. Néanmoins, le malheur existe, il survient parfois à l’improviste. Nos vies de foi sont fragiles aussi, sans cesse assaillies par le doute ou, pire encore, par la question du mal subi. La réponse que Dieu fait à l’apôtre Paul nous concerne également. Nous n’avons pas besoin de l’assurance que tout ira bien, que nous avons des gros donateurs qui se sont engagés ou que nous aurons une vie sans accident de parcours. Nous n’avons pas besoin d’un Dieu qui serait un prestidigitateur, faisant apparaître les billets dans la quête de l’Eglise ou faisant disparaître le malheur. Nous avons en effet déjà tout reçu : Dieu nous donne sa grâce. Il nous aime tels que nous sommes, il nous soutient et nous accompagne. Mais aussi, tel l’apôtre Paul, il nous envoie annoncer et vivre l’Evangile. En ce début d’année scolaire, osons croire que cette grâce nous suffit pour entreprendre ces travaux sans connaître le financement, pour oser donner sans avoir l’assurance de ne jamais manquer, pour oser annoncer l’Evangile du Christ sans savoir comment cette parole sera reçue. En effet, chaque fois que nous admettons notre faiblesse et notre fragilité, nous pouvons compter sur la puissance de Dieu, manifestée par son amour et sa sollicitude. Ma grâce te suffit Pasteur Anne Petit

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