Vie de l'Eglise

mar 8th

méditation sur l’amour

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Le 15 de ce mois, le thème de notre rencontre œcuménique à Saint Rémy est l’amour. Normal, c’est de saison, la Saint Valentin, c’est le 14.
C’est bien entendu un clin d’œil, mais il a sa source dans l’énorme malentendu que nous véhiculons parfois malgré nous lorsque nous parlons d’amour en Eglise. Certes, je ne voudrais pas dévoiler avant l’heure les textes que nous découvrirons avec les catholiques de Chevreuse, mais il en est un, incontournable, que je voudrais partager avec vous, méditer au long de ce mois de février : à la veille de sa mort, Jésus donne à ses disciples un commandement nouveau « voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12).
Beaucoup de personnes, qu’elles soient croyantes ou non, se trompent sur le sens de ce commandement. Jésus ne nous demande jamais rien d’impossible. Or avoir de l’affection pour tout le monde, c’est impossible ! Certes, l’Evangile est exigeant, mais il n’est jamais hors de notre portée. Lorsque Jésus donne ce commandement d’amour à ses disciples, il ne leur impose pas une contrainte qui leur permettrait d’être sauvés, un idéal à atteindre. Au contraire, il leur explicite comment arriver à demeurer ensemble sans lui. Il sait que ses disciples vont être perdus après sa disparition. Il sait aussi qu’il est le seul lien qui les unit. Alors, il leur donne un moyen pour tisser de nouveaux liens : « voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il ne s’agit donc pas ici de sentiments, difficiles voire impossibles à commander. La clé de compréhension se trouve dans le « comme je vous ai aimés ». Jésus n’a fait aucune différence entre les personnes : le milieu social de ses disciples lui importe peu, leur réputation le laisse indifférent. Jésus a accueilli tous ceux qui s’approchaient de lui. La première composante de cet amour est donc l’accueil.
Par ailleurs, Jésus a guéri, Jésus a relevé. Lorsqu’il énonce le commandement d’amour, il vient de laver les pieds de ses disciples. Il va mourir pour eux. L’amour qu’il s’agit de vivre est donc concret, il s’exprime dans le service. L’amour fraternel dont parle Jésus n’est pas sentiment, il est action. Voilà donc la bonne nouvelle : Jésus ne nous demande pas d’aimer tout le monde d’amitié mais d’être prêts à aider ceux qui en ont besoin et d’être prêts à se laisser aider quand nous en avons besoin (et c’est parfois bien plus difficile !).

Si le monde entier fête la fête des amoureux ce mois-ci, il est bon de rappeler que l’amour amoureux n’est pas l’essentiel.

L’essentiel est cet amour que Jésus nous donne et nous demande de faire vivre. Lorsque nous éprouvons des sentiments d’amour et d’amitié, ces sentiments sont fragiles si nous ne les renforçons pas par l’amour fraternel qui est amour qui donne, qui sert, qui est tourné vers les besoins de l’autre et non pas les nôtres.
«Voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Pasteur Anne Petit

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