Vie de l'Eglise

jan 2nd

Méditation sur l’année nouvelle

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Ça y est, nous sommes entrés dans le temps des vœux. C’est traditionnel et cela ne peut pas faire de mal de souhaiter de bonnes choses pour les autres. Cependant, une nouvelle tendance me hérisse : depuis quelques années, et de plus en plus, le « bonne année » traditionnel se transforme en « belle année ». Je m’interroge : que signifie souhaiter une belle année ? Certes, en hébreu, il n’y a qu’un seul mot pour beau et bon, mais déjà le grec sépare le beau, l’esthétique (qui devient éventuellement le noble en troisième sens) et le bon. Certes aussi, tout ce qui est bon est beau d’une certaine manière, mais l’inverse n’est pas vrai.
Belle année signifie-t-il beau temps toute l’année ? Mais nous ne sommes pas tous d’accord sur ce qu’un temps favorable signifie.

Serait-ce qu’on souhaite une année remplie de selfies réussis postés sur les réseaux sociaux ? J’espère que non ! Je souhaiterais plutôt à tous ceux qui vivent désormais leur vie en la contemplant a posteriori au travers des images narcissiques de tourner plutôt leurs regards vers le vrai monde et les vraies personnes et de vivre la réalité plutôt que la vie virtuelle qu’ils donnent à voir.

Serait-ce alors une année où rien de « laid » ne gâcherait notre tranquillité ? Cela reviendrait à souhaiter le retour du Christ et la venue du Royaume dès le 2 janvier, sinon, c’est l’échec garanti et un vain souhait de convenance que cette « belle année ».

Ce phénomène de mode montre à quel point nous ne comprenons plus le sens de ce que nous disons.
Souhaiter bonne année (ou bonne journée) à quelqu’un, c’est demander pour lui de bonnes choses. Nous pourrions traduire notre formule lapidaire par « que le Seigneur vous donne de bonnes choses pendant l’année qui commence ». Souhaiter de bonnes choses pour tous ceux que nous rencontrons en ce premier mois de l’année est le premier pas vers l’accomplissement du commandement d’amour : on ne peut pas en même temps détester quelqu’un et lui souhaiter du bien. C’est aussi placer celui qui ne nous aime pas au même rang que celui qui nous aime. C’est reconnaître que si nous ne sommes pas (encore) capables de donner nous-mêmes de bonnes choses à ceux qui nous détestent, nous désirons que Dieu le fasse. Nous acceptons que lui soit un Père bienveillant pour tous ses enfants.

Par ailleurs, quand je souhaite une bonne année à ceux que je rencontre et que j’entends leurs souhaits pour moi, je sais pertinemment qu’il y aura de bonnes et de mauvaises choses dans l’année qui vient. Certes, les pires épreuves peuvent m’être épargnées mais le quotidien de nos vies est fait de lumière et d’obscurité. Ce que je souhaite à tous, y compris à moi-même, c’est que nous soyons capables de reconnaître l’action de Dieu dans notre monde, de compter nos bénédictions et d’agir activement pour plus de lumière dans nos vies et dans le monde.
Puissiez-vous vivre des bonnes choses que Dieu nous donne chaque jour de nos vies ! Puissiez-vous par votre action et vos prières contribuer à faire avancer le Royaume dans notre monde !

Bonne année à tous !

Pasteur Anne Petit

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