Vie de l'Eglise

mai 2nd

méditation sur le culte, fête et communion

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Cette année, nous avons découvert quelques paraboles de Jésus avec les enfants de l’école biblique et du catéchisme. Il en est une qui ne me lâche pas depuis quelques mois, celle des invités au festin. Un homme invite beaucoup de gens à une grande fête. Tous ont une bonne raison de ne pas venir. Alors l’homme envoie ses serviteurs chercher tous ceux qu’ils trouvent sur les chemins, les places, pour faire la fête avec lui. Quant aux premiers invités, ils n’ont plus la possibilité de changer d’avis (Luc 14, 16-24).

Quand je vois le petit nombre d’enfants présents les dimanches des familles par rapport au nombre d’enfants connus, quand je vois nos assemblées si souvent clairsemées, je m’interroge. Quoi de plus important que l’invitation que Dieu adresse à chacun ? Quoi de plus essentiel que de fonder sa vie sur son amour et sa grâce ? Il faut bien se rendre à l’évidence : pour beaucoup, quantité de choses sont plus importantes. Pour la majorité des chrétiens qui se disent croyants dans notre pays, Dieu passe après tout le reste : famille, amis, loisirs, voire grasse matinée. Suis-je sévère en faisant le lien avec les excuses des invités au festin de la parabole : l’un achète un champ, l’autre des bœufs, un autre encore vient de se marier…ces vraies bonnes raisons de ne pas répondre à l’invitation vont priver ces personnes de l’essentiel : la communion. En effet, c’est bien cela, la communion : un repas partagé avec Dieu (l’homme qui invite au festin) et les uns avec les autres.

L’Eglise s’interroge, réfléchit, expérimente sans cesse d’autres moyens d’être attractive, sans grand résultat, il faut bien l’avouer. Sans doute faut-il se rendre à l’évidence : Dieu n’est plus une priorité dans la vie des Français du 21e siècle, même lorsqu’ils croient, et l’Eglise n’est que le lieu d’une fête qui n’attire plus. Dans la parabole, les invités s’excusent et ne viennent pas non pas en raison de la médiocrité de la fête, mais parce que cette dernière n’est pas importante pour eux.

Pourtant, pour ceux qui viennent, quelle fête ! Je vois des visages heureux, des personnes qui aiment à se retrouver, qui sont attentives les unes aux autres, qui forment une communauté de frères et de sœurs. J’entends les nouvelles échangées, je sais les soutiens apportés aux uns et aux autres. Pour ceux qui viennent, l’Eglise est un lieu de ressourcement personnel et de communion fraternelle. Pour eux, petits et grands ensemble, le culte est la fête du Seigneur qui les a invités. Pour eux, l’Evangile est le cœur de l’existence, Dieu est celui qui enrichit la vie.

Pourtant aussi, pour une multitude de personnes à l’autre bout du monde, l’invitation du Seigneur est le cœur de la vie. La foi du Christ est un cadeau inestimable, un trésor pour lequel on donne tout, comme le dit une autre parabole (Matthieu 13, 44). Certains risquent leur vie pour posséder une Bible, d’autres sont mis en prison pour leur foi au Christ. Et malgré tous les dangers, l’invitation du Seigneur est la plus belle fête, le trésor inespéré et inattendu qui transforme leur vie.

Alors, je m’interroge, je ne comprends pas. L’Eglise ne peut pas être uniquement le lieu où l’on pratique des rites de passage (bénédictions de mariage, baptêmes, obsèques). L’Eglise ne peut survivre que si elle est le lieu de la communion entre Dieu et chacun et les uns avec les autres. Jésus n’a jamais envisagé qu’il soit possible de croire seul dans son coin ! Consciente de la richesse que m’apportent la joie et l’amour de Dieu que je trouve dans la vie communautaire, j’invite ceux qui vivent régulièrement la fête du Royaume à se réjouir avec moi et les autres à se rappeler les paroles du psalmiste qui lui aussi pensait « communion dans la communauté » :

Goûtez, et voyez combien le SEIGNEUR est bon ! Heureux l’homme qui trouve en lui un abri ! (Psaume 34, 9)

Pasteur Anne Petit

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