Vie de l'Eglise

juin 3rd

Méditation sur le temps

Posted by with No Comments

L’été arrive, mais avant, c’est le mois de juin et le temps s’accélère, avec son lot de fêtes de toutes sortes, de repas de fin d’année et d’autres occasions festives pour clore l’année scolaire, qui est aussi l’année qui rythme nos paroisses.
Mais l’été arrive et forcément, nous changeons de rythme, même ceux qui ne partent pas : moins de circulation, moins de monde partout mais aussi moins d’occasions de rencontrer les autres, plus de solitude pour certains.
Quel est notre rapport au temps ? Il est trop long pour les uns, bien trop court pour les autres. Mais de manière générale, notre époque nous incite à deux attitudes fort peu bibliques.
La première consiste à remplir nos vies d’activités, ce qui nous conduit à manquer en permanence de temps, et cela y compris pendant nos vacances. Nous avons relu avec les catéchumènes les dix commandements. Nous avons discuté en particulier du commandement du sabbat, ce temps de repos imposé qui est en réalité une bénédiction dans ce monde antique où bien peu ont le privilège de pouvoir s’arrêter. Ce temps de repos qui est donné à tous, y compris aux animaux nous rappelle le souci de Dieu pour toute sa création. Il nous enseigne qu’il est vital de mettre du temps à part pour le Seigneur. C’est vital pour nous, pas pour lui. C’est une bénédiction pour nous. Dieu n’a pas besoin du sabbat des humains, il nous l’offre. Je propose à notre méditation la question suivante : combien de temps par semaine consacrons-nous à notre relation à Dieu, à entretenir notre spiritualité ? Même quand nous allons au culte tous les dimanches -et cela ne prend pas plus de temps qu’un cours de gym ou de yoga- le compte n’y est pas ! Combien de fois gaspillons-nous le temps qui nous est donné en activités futiles que nous avons décrétées importantes ? Consacrer son temps à Dieu, ce n’est pas lui donner du temps, c’est recevoir de lui ce temps qu’il nous donne, le temps de la rencontre, le temps du ressourcement. Et ce temps-là ne se reçoit pas le mercredi de 15 à 16h ou le samedi de 10 à 12h. Nous ne pouvons pas prendre rendez-vous avec Dieu comme ça. Cela prend du temps de recevoir ce temps. Au fond, il faut « perdre du temps » pour le recevoir. Perdre le temps de ne rien faire qui accapare nos esprits, perdre du temps à observer la nature, à écouter les oiseaux, à méditer un psaume…

La seconde attitude qui nous coupe souvent des dons de Dieu est l’idée qu’il faut toujours tout avoir tout de suite. Nous en avons parlé à la dernière rencontre « Bible, modes d’emploi ». Nous évoquions l’attitude de notre société face aux enjeux climatiques et nous disions à quel point ce « tout tout de suite » était destructeur. Non seulement nous sommes conditionnés à vouloir bien plus que ce dont nous avons besoin mais nous n’arrivons plus à penser le temps long. Cultiver et garder la terre comme Dieu nous l’a demandé exige de penser ce temps long. Changer nos manières de vivre et de produire a un coût dont le rendement se fera nécessairement attendre. Mais la terre n’est-elle pas au Seigneur ? Ne nous faut-il pas la travailler pour pouvoir la laisser plus belle et plus riche à nos enfants ? Penser le temps long, c’est vivre l’espérance puisque le résultat (financier) de nos efforts ne se voit pas tout de suite.

Vivre le temps autrement exige de nous une conversion. Mais au fond, cette conversion est celle à laquelle le Christ nous appelle : prendre le temps de mettre Dieu au centre de nos vies et vivre avec reconnaissance le temps qu’il nous donne.
Pasteur Anne Petit

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*