Vie de l'Eglise

jan 4th

Méditation sur l’espérance

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Or maintenant trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais c’est l’amour qui   est le plus grand. (1 Co 13, 13)

Nous avons souvent médité sur l’amour, que cela soit celui que Dieu éprouve pour les humains, celui que nous lui rendons ou celui que nous devons vivre pour et avec nos prochains. Notre foi et nos doutes font partie de notre parcours spirituel. Et l’espérance ? Ce matin, j’ai découvert l’exhortation d’Emmanuelle Seyboldt pour l’année 2019 : soyons passeurs d’espérance[1]. C’est curieux les coïncidences, j’allais commencer une méditation sur le sujet de l’espérance, justement. Coïncidence ou conclusion logique de la prise de recul d’un pasteur sur l’actualité et l’état d’esprit de ceux qu’il ou elle croise ?

C’est que, pour devenir passeurs d’espérance, encore faut-il la vivre !

Le « maintenant » de l’apôtre Paul se rapporte au temps présent, par opposition aux temps futurs où le Royaume sera présent sur terre. L’espérance, c’est ce qui permet de ne pas être envahi par les drames du monde, par les difficultés de nos vies. L’espérance naît de la foi, de la rencontre avec le Christ, celui qui est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. L’espérance est ce sentiment qui nous rappelle qu’une petite lumière éclaire toute une pièce, que la vie est plus forte que la mort, qu’une seule personne peut changer le monde.

Un verset moins connu sur l’espérance permet de mieux la décrire : dans la difficile épître aux Hébreux, nous lisons (He 6, 19) : Cette espérance, nous l’avons comme une ancre solide et ferme pour l’âme ; elle pénètre au-delà du voile

Le voile, c’est une métaphore qui dit ce qui nous sépare physiquement du Christ, en référence au rideau du temple d’autrefois qui séparait les humains de la présence de Dieu (Shekina). L’espérance, c’est comme une ancre, qui nous empêche de dériver. L’ancre permet au navire de ne pas perdre son chemin pendant la halte de la nuit. Elle permet plus de stabilité au bateau en cas de mauvais temps. Bref, l’ancre est ce qui permet de garder le cap et parfois de garder la vie. L’espérance me permet de voir les bonnes choses de la vie quand les médias ne rapportent que des drames et des catastrophes. Elle me permet de travailler à la paix alors que je n’entends parler que de violence. Elle me conduit à m’engager contre le réchauffement climatique sans désespérer. L’espérance, ce lien avec le Royaume, découle de la foi du Christ. Elle est don de Dieu pour nous permettre de vivre avec lui dans l’attente du Royaume. Elle est génératrice d’espoir, ce sentiment commun à toute l’humanité. Parce que je ne me perds pas dans la confusion du monde grâce à l’ancre qui me lie au Christ, ma vie garde du sens. Parce que je trouve un sens à ma vie, je n’ai pas besoin d’en chercher dans la matérialité d’une vie qui n’est ni bonne, ni mauvaise. Au contraire, grâce à l’espérance, je sais compter les bonnes choses de ma vie, rendre grâce pour tout ce qui m’est donné dans un pays riche qui a le souci de la justice sociale (même si tout n’est pas parfait !), dans ma vie personnelle et dans mon ministère.

L’espérance est l’ancre qui nous permet de tenir dans les mauvais jours parce que nous savons que l’amour de Dieu nous est acquis, parce que nous savons que Christ se tient près de nous et nous soutient dans nos épreuves.

L’espérance est l’ancre qui nous permet de ne pas nous perdre dans la richesse matérielle des bons moments, elle nous rappelle qu’elle est offerte à chaque être humain. Elle nous invite au partage et au témoignage.

Bonne Année 2019 à tous dans la joie du Christ et l’espérance du Royaume !

Pasteur Anne Petit



[1] https://www.eglise-protestante-unie.fr/actualite/soyons-passeurs-d-esperance-16190?fbclid=IwAR2PrPyLcrcKzHMzn0mkk0mg6_i0TlisNJjV2bj1rd1iwDkSQDBe8K1i_BI

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