Vie de l'Eglise

fév 25th

Méditation autour du veau d’or

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Au fond de mon lit depuis quelques jours, je suis sans doute plus attentive que d’habitude à l’actualité et à son emballement outre-Atlantique. Lorsque l’homme le plus puissant du monde décrète des règles qui affectent la vie de millions de personnes aussi rapidement qu’il tweete ses émotions, colères et motifs d’autosatisfaction, il y a de quoi donner à penser. Prenons-donc un peu plus que le temps d’écrire 140 caractères, et surtout prenons le temps nécessaire à la réflexion en une année qui pour nous-aussi est cruciale du point de vue électoral.
Du fond de mon lit donc, mon ordinateur portable me réchauffant le ventre, je lis avec consternation la succession des décrets signés dans le bureau ovale de la Maison blanche. Et je vois, à chaque fois, la photo du président assis, ses gens autour de lui avec, au fond, de grands rideaux d’or entourant la fenêtre. Et là, sans doute l’effet de la fièvre qui remonte, je me mets à penser au veau d’or.

Dieu a libéré son peuple d’Egypte. Il l’a conduit au pied de sa montagne et a appelé Moïse pour lui donner sa loi. Le peuple attend depuis 40 jours. Il sait ce qu’il attend, le retour de Moïse, la loi de Dieu qui scellera son alliance. Il a vu Dieu à l’œuvre. Mais voilà, c’est trop long, ce n’est pas assez visible, ce n’est pas assez glorieux. Alors, le peuple se tourne vers Aaron, le frère de Moïse pour qu’il construise un Dieu « qui marchera devant nous ». Traduisons : un Dieu que tous pourront voir, un Dieu qui en jette plein la vue, un Dieu qui montre que Israël est désormais une grande nation.

La différence avec les populismes d’hier et d’aujourd’hui, c’est que le peuple crée lui-même la demande. Généralement, dans un contexte où la population a l’impression de perdre ses repères, un sauveur se lève et lui fait une offre miroitante et dorée, qu’il s’agisse de rendre à l’Allemagne sa gloire ou à l’Amérique sa grandeur. Une fois élu, le sauveur révèle son vrai visage : celui de la haine et du mépris de tous ceux qui ne se courbent pas devant lui.

Revenons-donc au Sinaï : le veau d’or est beau, il brille, on peut le montrer, on peut faire la fête, on peut en jeter plein la vue. Et Moïse descendant de la montagne en brise la loi de Dieu. La punition du peuple sera terrible, même s’il échappe à l’extermination. Moïse remontera sur la montagne, la loi sera donnée, l’alliance conclue et la nation constituée en peuple élu.

Dans l’histoire des humains, c’est souvent bien plus difficile de se débarrasser de ces sauveurs-veaux d’or, élus démocratiquement, mais destructeurs de démocratie, de paix et de fraternité. Je nous invite à prendre le temps de la réflexion, le temps de la prière en ces semaines qui nous séparent de nos élections. L’époque n’est plus au vote-sanction. Les Britanniques et les Américains découvrent les conséquences de ce type de comportement électoral. Je nous invite à établir chacun une liste de priorités dans laquelle tout est compris car aujourd’hui plus rien ne va de soi (à commencer par la paix avec nos voisins) en gardant à l’esprit le commandement évangélique de la paix et celui du respect de l’autre. Alors nous choisirons chacun notre candidat en toute connaissance de cause.

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