Vie de l'Eglise

nov 6th

méditation sur la paix

Posted by with No Comments

Pour la plupart des gens, la paix, c’est l’état de non-guerre. 1918, c’est la fin d’une guerre meurtrière et absurde. Pendant longtemps, 1918 a été le symbole d’une victoire qu’on refusait de voir trop chèrement payée. Pendant longtemps,  et il y a des rechutes – pour preuve le discours du ministère des armées l’an passé, on commémorait le 11 novembre la victoire de la France sur les forces du mal. Personnellement, depuis que je suis adulte, je suis mal à l’aise : alsacienne avec un grand-père du Nord de la France, j’ai de la famille qui est morte des deux côtés, un grand-père qui a combattu dans Verdun, un arrière-grand-père qui était du côté des assiégeants ! Dans chaque famille française, dans chaque famille allemande, des hommes sont tombés dans les tranchées, des hommes sont rentrés mutilés ou en état de stress post-traumatique. Tout cela pour rien. L’Alsace-Moselle s’était habituée à être allemande, elle devenait un Land comme un autre. Une partie de ma famille était résolument francophile et ma grand-mère serait horrifiée de lire ces mots, mais il n’empêche : tant de morts pour si peu de gain !

Certes, nous avons changé d’approche, nous voulons commémorer la paix le 11 novembre. Mais la paix, ce n’est pas l’absence de guerre. Il faudrait commémorer la naissance de l’Europe, qui a changé les mentalités, du moins dans notre vieille Europe occidentale. La paix nait alors du sentiment irréfragable que nos voisins sont comme nous. Pour mes enfants, il serait impensable de faire la guerre à l’Allemagne, ou à l’Espagne.

Mais la paix, ce n’est pas encore cela. La paix, c’est l’harmonie que Dieu promet par l’intermédiaire de l’hymne des anges le soir de Noël : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et, sur la terre, paix parmi les humains en qui il prend plaisir ! (Luc 2, 14). En effet, la paix du Christ, ce n’est pas l’absence de guerre, c’est bien plus que cela. La paix, c’est l’harmonie entre les humains, entre l’humanité et la nature, entre les humains et Dieu. L’évangéliste montre que les humains n’étaient pas prêts à cette harmonie. La paix est réservée à ceux qui croient, aux disciples du Ressuscité qui leur a donné cette paix (Luc 24, 36). Encore faut-il l’accepter. Collectivement, pendant des siècles, les chrétiens n’en ont pas voulu, eux qui n’ont pas cessé de faire la guerre pour conquérir richesses et territoires. Individuellement, cette paix peut nous aider à vivre, c’est elle qui nous donne le ressourcement et la force de faire vivre un Evangile de paix, non pas seulement paix intérieure, mais paix appelée à devenir universelle par la transformation progressive de nos êtres : de fermés nous devenons ouverts aux autres et au monde ; d’égocentriques nous devenons attentifs à nos prochains et à la création ; autrefois remplis de peurs et d’angoisses, nous devenons libres d’annoncer l’amour, la grâce et la paix de Dieu en paroles et en actes.

Que la paix du Christ vous habite, aujourd’hui et à jamais !

Pasteur Anne Petit

 

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*