Vie de l'Eglise

sept 26th

Un dimanche pour la création

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Dimanche 21 septembre dernier, je suis allée marcher pour le climat. Cet événement mondial largement retransmis par la presse tombait à pic : en plein temps liturgique de la création, il constituait un geste simple, citoyen et croyant tout à la fois, de respect pour la création du Seigneur.

Fleur des bois

Photo prise sur les chemins du Haut Doubs

J’aurais pu m’attacher à la partie de la manifestation qui rassemblait ouvertement les chrétiens, dans le mouvement « Jeûne pour le climat ». J’ai choisi de me plonger dans la foule anonyme. C’était un peu comme l’Église, cette foule : des gens de tous âges, de provenances  géographiques diverses, visiblement de milieux différents, de professions variées et sans doute d’opinions politiques différentes aussi, bien que les partis politiques n’aient pas été conviés à la visibilité par les organisateurs.

Comment réussir ma journée, au-delà des raisons qui m’ont poussées à prendre le train, le métro, me faire mouiller par la pluie avant même que la marche ne commence ? J’ai traîné sur la place de la République jusqu’à ce que, à l’occasion de remarques échangées sur un chapeau, je me retrouve dans un petit groupe de quatre personnes, dont aucune ne se connaissait deux minutes auparavant. Deux dames qui avaient « fait mai 68 », c’était leurs dernières « manifs », et un jeune homme pour qui c’était « la première fois » ont marché avec moi pendant les deux heures qu’il a fallu aux quelques 5000 personnes présentes pour rejoindre l’hôtel de ville. Pas toujours tous ensemble, parfois deux par deux, nous avons discuté du monde, de l’environnement, observé les affiches et banderoles des différentes associations présentes, commenté le caractère bon enfant et totalement pacifique de ces slogans, des personnes et des discours. Et puis, en devisant, la question est sortie « et vous, qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » Bien sûr, bien d’autres questions ont suivi. Le jeune homme qui avait pris le train ce matin-là pour aller à sa première manifestation y a rencontré son premier pasteur, peut-être même son premier ministre chrétien. Je l’ai quitté place de l’hôtel de ville. Je ne connais pas son nom, ni lui le mien. Il aura découvert que l’Église se préoccupe d’écologie, aura quelqu’idée de la vie d’un pasteur, aura osé demander pourquoi je l’étais devenu. J’aurais pu rester avec les autres chrétiens, j’y aurais sûrement rencontré des personnes connues, probablement même des amis. Aurais-je passé une meilleure après-midi ? Sans doute pas. J’ai rencontré des frères et sœurs en humanité, fait un bout de chemin avec eux. Ils m’ont donné des parts de leur vie, j’en suis sortie enrichie. Et qui sait, le jeune homme aura peut-être envie d’aller manifester à nouveau pour la terre, il aura peut-être la curiosité d’en savoir plus sur le Dieu qui m’a conduite, moi, à aller marcher ce jour-là. Décidément, c’est souvent une bonne idée de laisser l’Esprit nous pousser où il veut.

Pasteur Anne Petit

  1. lise
    14/12/2014 at 11 h 01 min

    Bonjour. Je ne suis pas croyante. J’ai bien aimé votre billet.

    Reply

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